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Culture

Le Bénin mise sur son patrimoine pour hisser son tourisme

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_**Le pays a choisi de valoriser son histoire et sa culture pour développer une offre touristique singulière, attirant un nombre croissant de visiteurs.**_

À Ouidah, face à l’océan, la monumentale Porte du Non-Retour constitue désormais une étape majeure pour les voyageurs. Ce site, récemment restauré, commémore le passé douloureux de la traite transatlantique. Des groupes venus de Cotonou, du Nigeria ou du Togo s’y rassemblent régulièrement, cherchant à comprendre les racines de l’histoire africaine. À proximité, la réplique d’un ancien navire négrier est en cours d’aménagement pour accueillir un futur musée dédié à cette période.

Cette démarche s’inscrit dans une stratégie nationale volontariste engagée depuis une décennie. Les autorités ont décidé de bâtir l’attractivité du pays sur ses richesses culturelles et mémorielles, plutôt que sur des modèles touristiques conventionnels. Pour les visiteurs nationaux comme Arsène Ahounou, cette mise en valeur est essentielle. Elle permet de transmettre une histoire encore méconnue et d’en nourrir la fierté collective. Des touristes étrangers, à l’image d’Onyinye Anumba venue du Nigeria, soulignent également la puissance de l’expérience vécue sur ces lieux.

La ville d’Ouidah, berceau du vodun, propose une autre facette de cette offre. Au temple des Pythons, les guides accompagnent les visiteurs au-delà des simples curiosités, en expliquant les fondements et la symbolique de cette spiritualité. Modeste Zinsou, figure du tourisme local, observe une évolution vers un tourisme culturel exigeant, qui contribue à démystifier les traditions et à les présenter dans leur authenticité. L’événement annuel des Vodun Days, qui rassemble des millions de personnes, témoigne de la vitalité de cette approche.

Pour soutenir cette dynamique, d’importants investissements ont été consentis. La modernisation des infrastructures, la rénovation hôtelière et une politique d’ouverture des visas visent à améliorer l’accueil. Comme l’explique un responsable en charge du patrimoine, en l’absence de ressources minières substantielles, le Bénin a identifié dans son héritage historique et culturel un levier de développement économique majeur. L’objectif est d’augmenter significativement la contribution du secteur au produit intérieur brut dans les prochaines années.

Cette politique s’accompagne également de gestes symboliques forts, comme la possibilité offerte depuis peu aux descendants d’Africains déportés d’obtenir la nationalité béninoise. Une manière, selon ses promoteurs, de renouer des liens avec la diaspora.

À Cotonou, la spectaculaire statue de l’Amazone, érigée sur une place centrale, incarne cette nouvelle fierté patrimoniale. Devenue un emblème populaire, elle est perçue par de nombreux Béninois comme un équivalent local des monuments universels, accessible à tous et source d’un sentiment d’appartenance renouvelé.

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