Économie
Le gouvernement impose le travail du 1er mai par une manœuvre parlementaire
Le projet de loi autorisant le travail dans certains commerces le jour de la Fête du travail a été adopté par l’Assemblée nationale grâce à une procédure accélérée. Les oppositions de gauche et les syndicats dénoncent un passage en force.
Les députés ont approuvé vendredi une motion de rejet préalable, une manœuvre procédurale visant à écourter les débats sur le texte controversé. Cette initiative, portée par la majorité présidentielle, a été adoptée par 120 voix contre 105. Elle a pour effet immédiat de renvoyer le projet de loi devant une commission mixte paritaire, court-circuitant ainsi l’examen des quelque cent quarante amendements déposés, notamment par les groupes de gauche. Le gouvernement justifie cette décision par la crainte d’une obstruction parlementaire de la part de ces derniers.
Les réactions ont été vives dans l’hémicycle. Les élus de la Nouvelle Union Populaire Écologique et Sociale, du Parti Socialiste et des Écologistes ont vivement contesté cette procédure, tentant en vain de suspendre la séance. Certains ont entonné *La Marseillaise* puis *L’Internationale* en signe de protestation. Ils annoncent d’ores et déjà leur intention de saisir le Conseil constitutionnel une fois le texte définitivement adopté.
À l’extérieur du Palais-Bourbon, la contestation syndicale s’est également exprimée. La secrétaire générale de la CGT a qualifié cette adoption de « coup de poignard dans le dos des travailleurs ». Plusieurs dizaines de manifestants s’étaient rassemblés pour dénoncer une mesure qu’ils estiment contraire à l’esprit du 1er mai, journée historiquement dédiée aux droits des travailleurs.
Le texte, déjà voté par le Sénat, vise à légaliser le travail rémunéré double pour des salariés volontaires dans des commerces de proximité spécifiques, tels que les boulangeries, les fleuristes ou les salles de spectacle. Il exclut en revanche la grande distribution. L’objectif affiché est de clarifier une situation juridique ambiguë, après que des contrôles ont conduit à des amendes pour des boulangers employant du personnel ce jour-là. Le projet garantit que le refus d’un salarié de travailler ne pourra constituer ni une faute ni un motif de licenciement.
Malgré ces garanties, les détracteurs de la loi restent sceptiques. Ils redoutent une extension future à d’autres secteurs et remettent en cause la notion même de volontariat dans la relation employeur-salarié. Les partisans de la réforme, notamment dans les rangs de la majorité et de la droite, y voient au contraire une avancée de bon sens, répondant à une attente d’une partie de la population et des professionnels concernés.
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