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Le Quai d’Orsay en alerte face aux répercussions mondiales du conflit
Alors que les premières vagues d’évacuations s’achèvent au Moyen-Orient, le centre de crise du ministère des Affaires étrangères doit désormais composer avec les effets collatéraux du conflit sur les voyageurs français à l’autre bout du monde. Son dispositif s’adapte à une crise dont l’ampleur et la durée sont inédites.
Au sein du Centre de crise et de soutien, l’activité a changé de nature ces derniers jours. Les lignes téléphoniques, qui s’étaient emballées avec les premières frappes, reçoivent désormais des appels en provenance d’Asie. Des touristes français, bloqués en Thaïlande, au Vietnam, au Sri Lanka ou en Inde, signalent des difficultés pour regagner le territoire national, leurs vols commerciaux étant annulés en cascade. Près de vingt mille personnes seraient concernées par ces perturbations, leurs itinéraires passant habituellement par des plateformes aériennes du Golfe, aujourd’hui perturbées par les hostilités.
Cette nouvelle donne oblige la diplomatie française à recalibrer son dispositif, initialement conçu pour l’évacuation des ressortissants présents dans la zone de conflit. Sur les quatre cent mille Français recensés au début des hostilités dans la région, environ vingt mille ont pu être rapatriés, majoritairement par des vols commerciaux. Près de deux mille personnes considérées comme vulnérables ont bénéficié de vols spécialement affrétés. Pour identifier ces cas prioritaires, les équipes du centre, renforcées par des réservistes sanitaires, travaillent sans relâche.
La gestion de cette crise se distingue par sa temporalité étirée, nécessitant une organisation durable. Le directeur du centre souligne qu’une crise de plusieurs semaines ne se gère pas comme un épisode de quarante-huit heures. L’effort logistique est considérable, avec cent cinquante personnes mobilisées pour la seule gestion des appels. Une innovation notable a été l’intégration d’une cellule médico-psychologique pour prendre en charge la détresse, parfois aiguë, générée par la situation, même chez des personnes sans antécédents médicaux.
Parallèlement à la protection des citoyens, le centre coordonne également l’aide humanitaire destinée aux populations locales, comme au Liban, où une opération d’envergure est en cours. Cette double mission, protection et solidarité, illustre la complexité d’une crise dont les ramifications ne cessent de s’étendre, obligeant la diplomatie française à une vigilance de tous les instants sur plusieurs fronts.
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