Nous rejoindre sur les réseaux

News

Le Rassemblement national saisit l’occasion pour isoler La France insoumise

Article

le

La mort d’un militant à Lyon offre au parti de Jordan Bardella une caisse de résonance pour durcir son discours contre son rival de gauche et parfaire sa normalisation, à quelques semaines des municipales et en vue de la présidentielle.

Le Rassemblement national intensifie son offensive contre La France insoumise. Le mouvement de Jordan Bardella exploite les répercussions politiques de la mort d’un jeune homme lors d’une rixe à Lyon, un drame au cœur duquel se trouvent des proches d’un élu de la formation de Jean-Luc Mélenchon. Le président du RN a appelé à l’instauration d’un « cordon sanitaire » électoral contre LFI, plaidant pour une union des forces politiques afin d’empêcher toute victoire des Insoumis lors des prochaines échéances, à commencer par les municipales de mars.

L’objectif est double. Il s’agit à la fois d’affaiblir un concurrent direct et de poursuivre la stratégie de dédiabolisation du parti en se présentant comme un rempart contre le désordre. Le chef du Rassemblement national a ainsi évoqué le risque de voir la prochaine présidentielle se dérouler dans un climat de tensions, désignant LFI et son leader comme une menace pour la stabilité démocratique. Cette ligne est reprise avec vigueur par plusieurs figures du parti, qui n’hésitent pas à employer des formules très dures, assimilant parfois l’extrême gauche à un « nouveau fascisme ».

L’accusation centrale porte sur les liens supposés entre le mouvement mélenchoniste et des groupes d’action, au premier rang desquels la Jeune Garde, dont la dissolution est en cours de contentieux. Jordan Bardella a qualifié cette organisation de « bras armé » de LFI, établissant un parallèle historique avec les milices des années 1930. Ce discours permet au RN de rejeter toute équivalence avec les franges radicales de droite, affirmant avoir rompu tout lien avec elles et promettant, s’il arrivait au pouvoir, de dissoudre les groupuscules violents des deux bords.

Cette posture s’inscrit dans le prolongement du travail d’embourgeoisement entrepris par Marine Le Pen, visant à gommer l’image héritée du Front national. Les responsables du parti martèlent leur rejet de la violence en politique et leur volonté d’écarter les éléments extrémistes. Pourtant, le ton employé reste nettement plus accusateur envers l’ultragauche, que la direction du RN dit vouloir « traiter comme des organisations terroristes ». Des déclarations qui ont suscité des réactions parmi les chercheurs, certains rappelant que, sur plusieurs décennies, les actes mortels attribués à l’extrême droite restent plus nombreux que ceux imputés à l’extrême gauche.

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus