Monde
L’activiste Alaa Abdel Fattah rattrapé par ses écrits passés sur les réseaux sociaux

_**De retour au Royaume-Uni après des années de détention en Égypte, le défenseur des droits humains a présenté des excuses pour des messages anciens, suscitant une vive controverse politique sur sa nationalité britannique.**_
L’activiste égypto-britannique Alaa Abdel Fattah, libéré en septembre dernier après une grâce présidentielle et un intense travail diplomatique, a regagné le territoire britannique vendredi dernier. Sa réinstallation a été de courte durée avant qu’une série de publications datant de plus d’une décennie ne refasse surface sur les réseaux sociaux. Ces messages, attribués au militant, contenaient des appels à la violence à l’encontre de personnes désignées comme « sionistes » ou « colonisateurs », ainsi que contre des forces de l’ordre.
Dans une déclaration transmise par le collectif de soutien « Free Alaa », l’intéressé a exprimé son trouble face à la résurgence de ces contenus, survenant au moment même où il retrouvait les siens après douze années de séparation. Il a reconnu le caractère choquant et blessant de ces propos, présentant des excuses sans réserve tout en soulignant que certains de ses tweets avaient, selon lui, été déformés ou sortis de leur contexte historique. Il a expliqué que ces écrits reflétaient l’exaspération d’un jeune homme face aux conflits régionaux et aux violences policières en Égypte à cette époque.
Cette révélation a provoqué des réactions immédiates dans l’arène politique britannique. Des figures de l’opposition, notamment la cheffe du Parti conservateur Kemi Badenoch et le dirigeant de Reform UK Nigel Farage, ont demandé que lui soit retirée la citoyenneté britannique, acquise en décembre 2021 alors qu’il était incarcéré. Ils estiment que de tels propos sont incompatibles avec les valeurs nationales. Le gouvernement travailliste, par la voix d’un porte-parole, a qualifié ces anciens messages de « répugnants », tout en précisant que le Premier ministre Keir Starmer n’en avait pas eu connaissance avant le week-end.
Les autorités ont rappelé que la déchéance de nationalité était une mesure exceptionnelle, réservée aux cas les plus graves impliquant des activités terroristes ou criminelles majeures. Le Foreign Office a indiqué ouvrir un examen interne sur la gestion de ce dossier. Par ailleurs, le Board of Deputies of British Jews, une organisation représentative de la communauté juive, a fait part de sa profonde préoccupation, estimant que ce langage extrémiste constituait une menace.
Cette affaire place le gouvernement dans une position délicate, entre la défense d’un militant des droits humains longtemps soutenu par des cercles politiques et intellectuels, et la nécessité de répondre à des inquiétudes légitimes sur l’intégration de valeurs fondamentales. Elle intervient alors que le retour d’Alaa Abdel Fattah, condamné en Égypte pour « diffusion de fausses informations », avait été salué comme une victoire diplomatique.

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