Nous rejoindre sur les réseaux

Économie

Un téléphérique pour désenclaver le Val-de-Marne

Article

le

Le premier transport par câble d’Île-de-France est entré en service ce week-end. Cette liaison aérienne de 4,5 kilomètres vise à rompre l’isolement de plusieurs communes du sud-est parisien, en leur offrant une connexion rapide au réseau de métro.

Le paysage des transports franciliens s’est enrichi d’une nouvelle infrastructure. Un téléphérique urbain, dénommé C1, a effectué ses premiers voyages samedi dans le Val-de-Marne. Cet équipement aérien relie désormais la station Pointe-du-Lac à Créteil à la station Villa-Nova à Villeneuve-Saint-Georges, en traversant les communes de Limeil-Brévannes et de Valenton. Le trajet, qui nécessitait auparavant une quarantaine de minutes en bus ou en voiture, est désormais assuré en dix-huit minutes.

Ce projet, dont le coût s’élève à 138 millions d’euros, a été présenté comme une solution pour desservir un territoire fragmenté par des voies rapides et des lignes ferroviaires. Il répond à un déficit historique de liaisons de transports en commun dans ce secteur. Le C1 permet notamment de connecter des quartiers résidentiels à la ligne 8 du métro parisien, offrant une alternative aux embouteillages routiers chroniques. Sa capacité est estimée à onze mille passagers par jour.

Lors de la cérémonie d’inauguration, des élus ont salué la concrétisation d’un projet attendu depuis une décennie, évoquant une forme de reconnaissance pour des habitants parfois perçus comme oubliés. Le financement a été assuré par la région Île-de-France, le département du Val-de-Marne, l’État et l’Union européenne. Les responsables ont souligné que le choix d’un transport par câble s’était imposé face à l’impossibilité financière de construire une ligne de métro souterraine, dont le budget aurait dépassé le milliard d’euros.

Exploité par Transdev, le téléphérique fonctionnera tous les jours de 5h30 à 23h30, avec une prolongation jusqu’à 0h30 les week-ends. Les cabines, qui se succèdent toutes les vingt-deux à trente secondes, peuvent accueillir dix personnes assises et sont accessibles aux usagers en fauteuil roulant, ainsi qu’aux vélos et poussettes. L’accès se fait avec un titre de transport classique du réseau francilien. Des dispositifs de vidéosurveillance et des boutons d’appel d’urgence ont été installés, complétés par une présence humaine dans chaque gare.

La sécurité a été présentée comme une priorité absolue par l’exploitant. Des contrôles techniques quotidiens sont prévus, et l’exploitation sera suspendue en cas de vents excédant quatre-vingt-dix kilomètres par heure. Un exercice d’évacuation en conditions réelles a d’ailleurs été conduit par les sapeurs-pompiers de Paris en novembre. Les téléphériques figurent parmi les modes de transport les plus sûrs au monde, les derniers accidents mortels en France remontant à la fin des années 1990.

Pour les premiers usagers, l’expérience évoque parfois les vacances à la montagne, mais son utilité quotidienne est déjà palpable. Des étudiants, des travailleurs et des habitants des communes desservies anticipent un gain de temps significatif dans leurs déplacements. Cette réalisation porte à cinq le nombre de téléphériques urbains en service dans l’Hexagone, après ceux de Brest, Toulouse, Ajaccio et Saint-Denis de La Réunion.

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus