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Économie

La France fait obstacle à l’accord commercial UE-Mercosur à la veille d’un vote crucial

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Paris exige un report du scrutin européen, estimant que les garanties pour son agriculture sont insuffisantes, tandis que la Commission européenne maintient son objectif de signature imminente au Brésil.

L’Union européenne se trouve confrontée à une impasse de dernière minute concernant le vaste accord commercial avec le Mercosur. La France a officiellement demandé le report du vote des États membres, prévu cette semaine à Bruxelles, jugeant les protections accordées aux agriculteurs européens encore lacunaires. Cette demande intervient alors que la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, espérait parapher l’accord samedi prochain lors d’un sommet au Brésil.

L’exécutif européen, soutenu par plusieurs capitales dont Berlin et Madrid, maintient pourtant sa ligne. Une source communautaire évoque un moment historique, soulignant que les négociations, engagées il y a un quart de siècle, n’admettent plus de délai. Un report en 2026 est considéré comme inenvisageable par ces pays, qui y voient une opportunité cruciale pour leurs exportations industrielles dans un contexte économique mondial tendu.

Les inquiétudes agricoles restent au cœur des résistances. Le pacte, qui doit faciliter les échanges de biens manufacturés et de produits agricoles entre les deux blocs, suscite la crainte d’une concurrence jugée déloyale pour les éleveurs et cultivateurs européens. En réponse, la Commission a proposé un mécanisme de sauvegarde renforcé pour certains produits sensibles et promis un durcissement des contrôles aux frontières sur les normes sanitaires et environnementales.

Le Parlement européen est lui aussi saisi du dossier, avec un vote prévu sur ces clauses de protection. L’issue de ce scrutin pourrait influencer la position des gouvernements. Malgré les pressions, Paris pourrait éprouver des difficultés à bloquer seul l’accord, dont l’adoption ne requiert qu’une majorité qualifiée au Conseil. L’Italie, dont la position a fluctué, pourrait jouer un rôle décisif dans l’arbitrage final.

La semaine s’annonce donc particulièrement agitée dans la capitale européenne, d’autant qu’une manifestation de grande ampleur des syndicats agricoles est attendue jeudi. Si la signature devait malgré tout intervenir, le processus législatif ne serait pas pour autant achevé. L’accord devra ensuite être ratifié par le Parlement européen, où un vote serré est anticipé, de nombreux élus, toutes tendances politiques confondues, restant hostiles au texte.

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