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Une application de traçabilité des captures maritimes suscite la grogne chez les pêcheurs de loisir

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_**L’Union européenne impose, à compter de 2026, un suivi numérique obligatoire des sorties en mer et des prises. Une mesure destinée à évaluer l’impact écologique de la pêche récréative, mais perçue comme une entrave à la liberté par de nombreux amateurs.**_

À partir du 10 janvier 2026, tout pêcheur de loisir âgé de plus de seize ans naviguant dans les eaux européennes devra systématiquement enregistrer ses sorties et ses captures via une application mobile dédiée, baptisée « REC fishing ». Cette plateforme, dont le nom évoque à la fois la pêche récréative et l’enregistrement des données, constitue l’un des nouveaux outils réglementaires déployés par Bruxelles pour mieux quantifier la pression exercée par cette activité sur les populations halieutiques et la biodiversité marine.

Le dispositif prévoit un suivi particulièrement rigoureux pour plusieurs espèces considérées comme sensibles. Les captures de lieu jaune, de thon rouge, de dorade rose, de coryphène ou encore de bar devront ainsi être déclarées, accompagnées de leur taille et d’une photographie. Cette obligation de traçabilité individuelle, inédite pour la pêche maritime de loisir, rompt avec des pratiques jusqu’alors peu encadrées, où seule une limite de taille pour certaines espèces s’imposait, avec des contrôles relativement espacés.

Cette nouvelle réglementation est accueillie avec une vive opposition par une partie de la communauté des pêcheurs amateurs. Ils y voient une complication administrative injustifiée et une atteinte à l’esprit de liberté traditionnellement associé à leur loisir. Certains estiment que le fardeau administratif repose sur les mauvaises épaules, arguant que l’effort de préservation devrait prioritairement concerner la pêche industrielle plutôt que les activités récréatives.

Des voix s’élèvent également pour dénoncer un manque de transparence sur l’utilisation future des données collectées. Des pêcheurs expérimentés, déjà soumis à des déclarations pour certaines espèces comme le thon rouge en Méditerranée, soulignent ne jamais avoir eu accès aux analyses ou aux conclusions tirées de ces informations. Ils regrettent que ce dispositif de contrôle ne s’accompagne pas d’un retour concret permettant aux pratiquants de mieux comprendre la dynamique des espèces et de participer plus activement à leur préservation. Pour eux, la relation de confiance et le sentiment de partager une responsabilité collective envers le milieu marin semblent mis à mal par cette approche perçue comme purement bureaucratique.

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