Faits Divers
Verdict dans l’affaire des fusillades de Stains
_**Après un procès de plusieurs semaines, la cour d’assises de Seine-Saint-Denis a rendu son jugement. Deux hommes écopent de lourdes peines de prison pour des homicides commis en 2019, tandis que trois autres accusés ont été relaxés.**_
Le tribunal a prononcé, ce vendredi, une condamnation à vingt ans de réclusion criminelle à l’encontre de deux individus. Ils ont été reconnus coupables de meurtres en bande organisée, à la suite d’une affaire remontant à l’été 2019. Cette nuit-là, dans le quartier du Clos Saint-Lazare à Stains, les occupants d’un véhicule avaient été pris pour cible par des tirs d’arme de guerre depuis un scooter. L’attaque avait provoqué la mort de deux hommes et blessé grièvement un troisième.
Les débats, qui se sont étalés sur plus de trois semaines à Bobigny, ont été marqués par une tension palpable. L’annonce du verdict, après huit heures de délibération, a suscité des réactions vives dans la salle d’audience, protégée par un important dispositif de sécurité. Des invectives ont été proférées à l’encontre de la cour et des représentants du ministère public.
Les deux condamnés, Souleymane Care et Moussa Baradji, avaient toujours nié toute implication dans ces faits. L’accusation les présentait pourtant comme les auteurs présumés d’une exécution préméditée, motivée par un différend antérieur. Selon les réquisitions, l’altercation initiale, filmée et diffusée, aurait été perçue comme une humiliation nécessitant une vengeance. Les investigations de la brigade criminelle, s’appuyant notamment sur des analyses téléphoniques et des images de vidéosurveillance, avaient permis de retracer les déplacements de véhicules suspectés d’avoir servi à l’exfiltration des tireurs.
À l’issue des plaidoiries, le parquet avait requis des peines allant de vingt à trente ans de réclusion contre cinq des six accusés. Le tribunal a finalement choisi d’acquitter trois d’entre eux, dont Mamadou D., pour lequel les magistrats ont estimé que les charges n’étaient pas suffisamment établies. La défense de plusieurs prévenus avait en effet vivement critiqué les méthodes d’enquête, dénonçant l’utilisation de témoignages anonymes et l’absence de confrontations, éléments qu’elle jugeait préjudiciables à un procès équitable.
Un autre homme a été condamné à une peine de trois ans d’emprisonnement pour recel du véhicule utilisé lors des faits. Tout au long de l’audience, les avocats de la défense avaient rappelé le contexte local et les antécédents conflictuels des victimes, soulignant que celles-ci comptaient de nombreux adversaires dans leur environnement.
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