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Économie

La quatrième visite d’Emmanuel Macron en Chine, entre défis stratégiques et équilibres économiques

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Le président français entame ce mercredi un déplacement officiel à Pékin, puis à Chengdu, porteur d’un agenda dense où se mêlent diplomatie de paix, rééquilibrage commercial et dialogue direct sur des sujets de divergence.

Emmanuel Macron arrive ce mercredi après-midi à Pékin pour une visite d’État de trois jours, la quatrième de son mandat. Accompagné d’une délégation ministérielle et d’une trentaine de chefs d’entreprise, le chef de l’État rencontrera son homologue chinois, Xi Jinping, dès jeudi. Les échanges officiels, précédés d’un moment protocolaire dans les jardins de la Cité interdite, se poursuivront vendredi dans un cadre plus informel à Chengdu, dans le Sichuan.

Cette séquence diplomatique intervient dans un contexte marqué par plusieurs dossiers sensibles entre Paris, l’Union européenne et Pékin. La présidence française a indiqué que l’objectif central serait d’affirmer le rôle de l’Europe en tant que « partenaire majeur » de la Chine, dans un esprit de « respect mutuel ». La guerre en Ukraine figurera parmi les priorités des discussions. Paris compte exhorter Pékin à user de son influence sur Moscou, son allié stratégique, pour encourager un cessez-le-feu. La Chine, qui n’a pas condamné l’invasion russe et se présente comme neutre, est également soupçonnée par plusieurs capitales occidentales de contribuer à l’effort de guerre russe par des livraisons de composants à double usage.

Sur le plan économique, les déséquilibres commerciaux constituent un autre volet crucial des entretiens. Le déficit de la France avec la Chine a atteint un niveau record l’an dernier. Les autorités françaises pointent les risques géopolitiques et économiques liés aux surcapacités de production chinoises dans certains secteurs. Elles souhaitent promouvoir un rééquilibrage par des investissements chinois plus substantiels en France, notamment dans les technologies vertes, et par un meilleur partage des innovations.

Dans le même temps, plusieurs contentieux commerciaux directs empoisonnent les relations. La France, ayant soutenu le relèvement des droits de douane européens sur les véhicules électriques chinois, fait face à des enquêtes de rétorsion de Pékin visant ses exportations de cognac, de produits laitiers et de viande porcine. L’Élysée a qualifié ces procédures d’« inacceptables » et assure qu’elles seront abordées au plus haut niveau. La question de l’approvisionnement en terres rares, matériaux critiques dont la Chine domine le marché, devrait également être évoquée.

Malgré ces tensions, la relation économique conserve des canaux de coopération. Plusieurs accords sont prévus pour être signés durant la visite, notamment dans les domaines aéronautique, énergétique et agroalimentaire. Des partenariats industriels existants, comme celui entre Orano et le chinois XTC pour les matériaux critiques, illustrent cette dynamique.

Enfin, la question des droits humains sera portée à l’agenda des discussions présidentielles, a confirmé la présidence française. Des organisations non gouvernementales appellent notamment à évoquer le cas de défenseurs des droits, dont celui d’une militante tibétaine récemment arrêtée. Paris affirme que tous les sujets pourront être traités dans le cadre du dialogue direct entre les deux dirigeants.

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