Économie
L’ombre persistante de Lafarge en Syrie
Lors du procès pour financement du terrorisme, d’anciens dirigeants du cimentier français ont tenté d’expliquer les raisons ayant conduit au maintien prolongé de leurs activités dans la zone de conflit syrien.
Les anciens responsables du groupe Lafarge comparaissent devant la justice pour des versements financiers effectués entre 2013 et 2014 au profit de factions jihadistes armées. Ces transactions, réalisées via la filiale syrienne Lafarge Cement Syria, visaient à préserver les opérations de l’usine de Jalabiya, dans le nord de la Syrie. Les prévenus ont développé leur stratégie de défense lors de cette première semaine d’audience consacrée au fond de l’affaire.
Bruno Pescheux, directeur de la filiale syrienne entre 2008 et l’été 2014, a évoqué la perception initiale d’une crise temporaire. « Tous nos interlocuteurs affirmaient que cette situation serait brève, que nous verrions rapidement la lumière. En réalité, cette lumière n’est jamais apparue », a-t-il déclaré à la barre. Les accusés s’efforcent de contester l’idée selon laquelle la poursuite des activités à Jalabiya, un investissement de 680 millions d’euros, aurait été motivée par des considérations purement économiques.
L’ancien président-directeur général Bruno Lafont a pour sa part reconnu que l’usine était restée opérationnelle « un peu trop longtemps ». Il a néanmoins assuré que la décision de fermeture, intervenue en septembre 2014, n’avait pas été influencée par des implications financières. Selon ses déclarations, l’importance de la Syrie dans le portefeuille mondial du groupe, présent dans soixante pays, demeurait marginale.
La défense a également mis en avant les responsabilités envers le personnel local. Bruno Pescheux a décrit une équipe syrienne qualifiée, capable de faire fonctionner « l’une des cimenteries les plus modernes du Moyen-Orient », et dont l’emploi dépendait entièrement du maintien des activités. Face aux interrogations sur des enlèvements de salariés, les prévenus ont toutefois invoqué leur droit de se taire.
Le témoignage de Frédéric Jolibois, successeur de M. Pescheux, a révélé les complexités managériales entourant cette nomination. Le cadre a qualifié sa prise de fonction de « piège managérial », affirmant n’avoir été informé ni des versements aux groupes armés ni des réalités du conflit avant son arrivée sur place. Son ignorance des pratiques de racket mises en place par la filiale a suscité l’étonnement des magistrats du parquet antiterroriste.
L’usine de Jalabiya, évacuée à la mi-septembre 2014, est finalement tombée sous le contrôle des combattants de l’État islamique. Les débats se poursuivront jusqu’au 19 décembre.
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