Économie
L’Union européenne campe sur ses positions face aux critiques sur sa fiscalité carbone
Alors que la conférence climatique de Belem entre dans sa phase décisive, Bruxelles oppose une fin de non-recevoir aux remises en cause de son mécanisme d’ajustement aux frontières, suscitant des tensions avec plusieurs puissances économiques.
Le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières de l’Union européenne s’impose comme l’un des principaux points de friction lors des discussions climatiques à Belem. Plusieurs nations, dont la Chine et l’Inde, contestent vigoureusement cet instrument commercial que Bruxelles considère pourtant comme non négociable. Le commissaire européen au climat a réaffirmé lundi la position intangible de l’Union, qualifiant la tarification du carbone de mesure essentielle devant être déployée rapidement et largement.
Ce dispositif, qui entrera en vigueur en janvier prochain, appliquera aux importations d’acier, d’aluminium, de ciment, d’engrais, d’électricité et d’hydrogène un prix du carbone aligné sur celui en vigueur au sein du marché européen. Plusieurs pays y perçoivent une forme de protectionnisme déguisé, tandis que l’UE défend son approche comme un moyen légitime d’éviter les fuites de carbone et de préserver l’efficacité de sa politique climatique.
Les négociations butent également sur deux autres dossiers sensibles. De nombreux États insulaires et nations européennes pressent les parties prenantes de rehausser leurs engagements climatiques, une perspective que rejettent certaines grandes économies. Parallèlement, les pays en développement rappellent avec insistance l’insuffisance des financements climatiques alloués par les nations industrialisées.
La question des énergies fossiles représente un autre sujet de divergence. Si le Brésil, pays hôte, affiche son ambition d’envoyer un signal fort sur la transition énergétique, les discussions peinent à aboutir à des formulations consensuelles. Le représentant des petits États insulaires a fait part de sa déception face à la lenteur des progrès sur ce dossier crucial.
Avec seulement quelques jours devant eux, les ministres présents à Belem doivent désormais trouver un équilibre délicat entre ces différentes préoccupations. La traditionnelle prolongation des négociations semble inévitable, aucune conférence climatique n’étant parvenue à respecter son calendrier officiel depuis près de deux décennies.
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