Monde
Des milliers de Tchèques défilent à Prague contre le retour au pouvoir d’Andrej Babiš
Une mobilisation citoyenne d’ampleur a marqué les commémorations de la Révolution de Velours, tandis que les manifestants expriment leur inquiétude face aux orientations politiques du futur gouvernement.
Plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées dans le centre de Prague à l’occasion de l’anniversaire de la Révolution de Velours. Les participants ont exprimé leur opposition au chef de gouvernement désigné Andrej Babiš, l’accusant de remettre en cause l’héritage démocratique issu de la chute du régime communiste. La manifestation, organisée sous le slogan « La République tchèque n’est pas à vendre », a vu fleurir de nombreuses banderoles hostiles à l’homme politique.
Le mouvement de protestation coïncide avec un contexte politique particulier, marqué par la formation d’une coalition gouvernementale incluant des formations eurosceptiques. Pour de nombreux manifestants, cette alliance représente un risque d’éloignement des valeurs européennes. Un jeune étudiant présent sur place a confié craindre de voir remises en cause les libertés acquises depuis 1989, affirmant que la trajectoire envisagée par M. Babiš orienterait le pays vers l’Est plutôt que vers l’Ouest.
Ce rassemblement s’inscrit dans une tradition de mobilisations d’envergure contre l’homme d’affaires et homme politique. En 2019, près de 250 000 personnes avaient déjà manifesté lors de son premier mandat. Aujourd’hui, les critiques portent également sur son rapprochement avec le parti d’extrême droite SPD, ainsi que sur les accusations de fraude aux subventions européennes qui pèsent sur lui. Les organisateurs de la manifestation dénoncent ce qu’ils qualifient de « pacte mafieux », en référence aux immunités parlementaires susceptibles de protéger certaines personnalités politiques.
Parallèlement, en Slovaquie voisine, des rassemblements hostiles au Premier ministre Robert Fico ont également eu lieu. Les opposants slovaques estiment que certaines mesures prises par le gouvernement actuel compromettent les acquis démocratiques. Comme en République tchèque, la coalition au pouvoir s’appuie sur le soutien d’une formation d’extrême droite, et les manifestants dénoncent une forme d’entre-soi politique et une dérive autoritaire, évoquant un rapprochement avec Moscou malgré le contexte géopolitique.
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