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Économie

La Belgique sous pression pour boucler son budget en 50 jours

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Le Premier ministre Bart De Wever a obtenu un délai jusqu’à Noël pour faire aboutir les négociations budgétaires au sein de sa coalition, alors que le pays doit présenter un plan de rigueur et faire face à des tensions sécuritaires.

Le gouvernement belge a évité jeudi la rupture en s’accordant sur un ultime délai pour parvenir à un compromis budgétaire. Le Premier ministre Bart De Wever a fixé à cinquante jours, soit jusqu’à la période de Noël, la conclusion des discussions sur les mesures d’économie exigées par Bruxelles. Le dirigeant conservateur flamand avait initialement évoqué une échéance au 6 novembre, n’excluant pas alors de remettre sa démission au roi Philippe en cas d’impasse.

Cette démonstration de fermeté visait manifestement à accélérer les arbitrages au sein d’une coalition rassemblant cinq formations politiques. Le chef du gouvernement s’est finalement rendu au palais royal non pour acter une crise, mais pour informer le souverain de la poursuite des négociations. Devant les députés, il a précisé que cette période de cinquante jours constituait un délai définitif, sans possibilité de prolongation.

La situation budgétaire de la Belgique suscite des inquiétudes au niveau européen. Le pays présente l’un des niveaux d’endettement les plus élevés de la zone euro, partageant ce rang avec la Grèce, l’Italie et la France. La Commission européenne a par ailleurs souligné que la Belgique était le seul État membre à ne pas disposer de programmation budgétaire pluriannuelle, une lacune que l’exécutif entend combler.

Depuis son arrivée au pouvoir en février, Bart De Wever a engagé un vaste programme de réformes structurelles touchant au marché du travail, aux allocations chômage et au système de retraites. Son objectif affiché consiste à réaliser dix milliards d’euros d’économies d’ici 2029, grâce notamment à une révision des dépenses sociales et sanitaires, ainsi qu’à une modification de la taxe sur la valeur ajoutée.

Ces propositions rencontrent toutefois des résistances, en particulier chez les libéraux francophones du Mouvement réformateur, pourtant alliés de la majorité. Ceux-ci s’opposent fermement à toute augmentation de la fiscalité. Les divergences persistent également sur le financement des dépenses militaires, dans un contexte international marqué par les tensions avec la Russie.

La situation sécuritaire complique par ailleurs la tâche du gouvernement. Jeudi matin, le Premier ministre a présidé une réunion du conseil de sécurité nationale consacrée à la régulation des drones, après plusieurs incidents ayant conduit à la fermeture temporaire d’espaces aériens. Certains observateurs estiment que ce climat rendrait politiquement risquée une démission du gouvernement.

Les réformes d’envergure promises par l’exécutif tardent à se concrétiser. Le projet de budget pluriannuel, initialement attendu au Parlement mi-octobre, a été reporté en raison des difficiles négociations en cours. Il apparaît désormais improbable qu’un nouveau budget soit adopté avant la fin de l’année. Le roi Philippe a exhorté les partenaires coalition à doter le pays d’une trajectoire budgétaire claire, soulignant l’enjeu de crédibilité pour la Belgique sur la scène européenne et internationale.

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