Faits Divers
Alexandre Djouhri maintenu en détention dans l’affaire libyenne


La cour d’appel de Paris a rejeté la demande de libération de l’homme d’affaires franco-algérien, estimant que les risques de fuite et les faiblesses des garanties présentées justifiaient le maintien sous écrou.
La juridiction parisienne a confirmé ce mardi le placement en détention d’Alexandre Djouhri, intermédiaire impliqué dans le dossier judiciaire concernant des financements libyens. Les magistrats ont considéré que les conditions légales permettant la privation de liberté restaient réunies, notamment au regard des risques avérés de disparition. Ils ont souligné que l’intéressé disposait de facilités pour quitter le territoire national.
La cour a pointé du doigt la nature floue du patrimoine et des activités professionnelles du prévenu, ainsi que le caractère insuffisant des garanties proposées pour assurer sa représentation devant la justice. Elle a également relevé la gravité des faits reprochés, qui se situent selon elle à la frontière entre les milieux d’affaires et le fonctionnement des États, avec des conséquences susceptibles d’affecter l’intégrité des deux sphères.
Cette décision intervient dans un contexte judiciaire particulier, alors que doit être examinée prochainement la demande de mise en liberté de l’ancien président Nicolas Sarkozy, lui aussi impliqué dans cette affaire. Quelques jours auparavant, la même chambre avait ordonné la libération sous conditions de l’ex-banquier Wahib Nacer.
Lors de l’audience, Alexandre Djouhri s’était défendu de toute intention de fuir, affirmant sa détermination à assumer ses responsabilités devant la justice. Le parquet général avait pour sa part insisté sur la nécessité de préserver le bon déroulement des procédures en cours et d’éviter tout risque de concertation entre les différents prévenus.
L’avocat de l’homme d’affaires, Me Charles Consigny, a dénoncé après l’annonce du verdict ce qu’il a qualifié de traitement discriminatoire, fustigeant l’argumentation fondée selon lui sur la double nationalité de son client. La défense avait plaidé en vain pour une mise en liberté sous contrôle judiciaire.
Rappelons qu’Alexandre Djouhri a été condamné en première instance à une peine de six années d’emprisonnement et trois millions d’euros d’amende pour son rôle central dans des montages financiers complexes impliquant d’anciens dirigeants libyens. Les juges avaient notamment retenu contre lui l’organisation d’une vente fictive de tableaux ayant permis à Claude Guéant de percevoir un demi-million d’euros. Le recours formé contre ce jugement place désormais l’intéressé sous le régime de la détention provisoire.





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