Faits Divers
Le procès Sollacaro s’ouvre sans son présumé commanditaire
_**L’absence pour raisons médicales de Jacques Santoni, considéré comme l’instigateur de l’assassinat de l’avocat en 2012, a dominé les premiers instants de cette audience exceptionnelle à Aix-en-Provence.**_
L’ouverture du procès relatif à la mort d’Antoine Sollacaro a été marquée par le renvoi immédiat du dossier concernant Jacques Santoni, présenté comme le commanditaire présumé. La cour d’assises des Bouches-du-Rhône a suivi les conclusions d’une expertise médicale estimant son état de santé incompatible avec une comparution. Tétraplégique depuis 2003, l’intéressé n’a jamais effectué sa peine de treize ans de prison pour blanchiment prononcée en juin dernier.
Le parquet général et les avocats des parties civiles s’étaient pourtant opposés à cette disjonction. L’accusation soulignait qu’avec des aménagements appropriés, notamment des audiences limitées à quatre heures et une alternance des jours de comparution, la présence de l’accusé demeurait possible. Les conseils de la famille Sollacaro ont dénoncé une stratégie visant à organiser une forme d’immunité judiciaire.
Malgré cette absence, la cour a maintenu la tenue du procès pour les deux autres accusés, André Bacchiolelli et Mickaël Ettori, ce dernier étant jugé par contumace. La défense de Bacchiolelli, présenté comme l’exécutant matériel, avait vainement plaidé le report intégral de l’audience, invoquant l’impossibilité d’un débat équitable sans la présence du présumé instigateur.
L’affaire repose essentiellement sur les déclarations de Patrick Giovannoni, premier bénéficiaire du statut de repenti en France. Ancien gestionnaire d’armes pour le groupe du Petit Bar, il affirme avoir recueilli les confidences de Jacques Santoni reconnaissant son implication. Ce témoin-clé comparaît sous protection, dos à la salle et masqué, après que la cour a rejeté sa demande d’audience à huis clos.
L’assassinat d’Antoine Sollacaro, ancien bâtonnier d’Ajaccio et défenseur de figures corses, continue de représenter un événement marquant pour l’institution judiciaire. Le procès doit se poursuivre jusqu’à la mi-décembre, malgré les nombreuses zones d’ombre entourant ce dossier où l’arme du crime n’a jamais été retrouvée et où les analyses ADN n’ont pu établir de preuves matérielles.
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