Économie
Airbnb et Booking poursuivis pour leur rôle dans les colonies israéliennes

Deux géants du tourisme en ligne font l’objet d’une action judiciaire en France, accusés de tirer profit d’établissements situés dans des implantations considérées comme illégales par le droit international.
Une procédure judiciaire pour complicité et recel de crimes de guerre a été déposée à l’encontre des plateformes de réservation Airbnb et Booking.com. La Ligue des droits de l’Homme, à l’origine de cette plainte, estime que ces entreprises facilitent ce qu’elle qualifie de « tourisme d’occupation » en proposant des hébergements dans les colonies israéliennes établies en territoire palestinien. Selon les plaignants, ces multinationales permettent directement et indirectement le développement de ces implantations tout en en tirant des bénéfices substantiels.
La plainte souligne que les deux plateformes adoptent des approches distinctes dans la présentation de ces locations. Airbnb se contenterait de mentionner le nom des colonies sans indiquer leur statut particulier, tandis que Booking.com identifierait ces hébergements comme étant situés en « Palestine » tout en précisant leur localisation dans des colonies israéliennes. Ces présentations, accompagnées de descriptions touristiques classiques, contribueraient selon les avocats à normaliser une situation contestée sur le plan international.
Les Nations Unies ont régulièrement condamné l’implantation de colonies dans les territoires palestiniens occupés, rappelant leur illégalité au regard du droit international. Une experte onusienne avait récemment dénoncé le rôle des plateformes de voyage dans ce qu’elle présente comme une légitimation de l’annexion territoriale. Un recensement effectué en 2024 aurait identifié plusieurs centaines d’annonces proposant plus de 760 chambres d’hébergement dans ces zones.
Cette action judiciaire française s’inscrit dans un mouvement plus large de poursuites engagées contre ces entreprises dans plusieurs pays. Des organisations non gouvernementales ont déposé des plaintes similaires aux Pays-Bas, en Irlande, au Royaume-Uni et aux États-Unis, invoquant notamment des accusations de blanchiment de profits issus d’activités dans des colonies illégales. Le montant des transactions générées par ces locations est estimé à plusieurs millions d’euros annuels.
La question des colonies israéliennes reste au cœur du conflit israélo-palestinien, avec plus de 500 000 colons israéliens vivant aujourd’hui en Cisjordanie au milieu de trois millions de Palestiniens, selon les données démographiques les plus récentes.

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