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Lecornu face à l’épreuve du feu parlementaire
À peine nommé, le nouveau Premier ministre affronte jeudi un double vote de défiance, dans un contexte politique particulièrement tendu.
L’exécutif de Sébastien Lecornu, constitué dimanche dernier, se trouve déjà confronté à un test décisif. Les députés doivent se prononcer jeudi matin sur deux motions de censure, déposées respectivement par La France insoumise et le Rassemblement national. Ces textes, qui seront soumis à un débat commun d’environ deux heures trente, ont peu de chances d’aboutir selon les projections actuelles.
Le Parti socialiste a officialisé mardi son refus de soutenir ces motions après avoir obtenu du gouvernement la suspension de la réforme des retraites. Cette décision, annoncée lors de la déclaration de politique générale, prive les oppositions du nombre de voix nécessaire pour atteindre la majorité constitutionnelle de 289 parlementaires. Les calculs politiques laissent apparaître un déficit d’une vingtaine de voix pour renverser l’exécutif.
La configuration des votes s’annonce complexe. Si la gauche dans son ensemble rejettera la motion du RN, celle de LFI devrait recueillir le soutien des élus d’extrême droite ainsi que des groupes écologiste et communiste. L’attention se porte désormais sur les éventuels franchissements de consignes de vote. Chez Les Républicains, deux ou trois députés pourraient voter la censure, tandis que des ralliements individuels sont attendus parmi les indépendants Liot.
Au sein du Parti socialiste, la direction a appelé à respecter la ligne « quasi-unanime » adoptée par le groupe. Cependant, plusieurs élus ont d’ores et déjà annoncé leur intention de voter la motion, à l’instar de Paul Christophe qui invoque l’absence d’engagements sur la justice fiscale et le pouvoir d’achat. Cinq parlementaires ultramarins du même groupe ont fait connaître une position similaire.
Certains socialistes expriment des réserves plus nuancées. Pierrick Courbon s’interroge sur les implications de la suspension de la réforme des retraites, qui conditionnerait selon lui un soutien au projet de loi de financement de la sécurité sociale. Un argument repris par les insoumis, qui dénoncent un « leurre » comparable au « conclave » de François Bayrou.
Le rejet probable de ces motions ouvrirait la voie à l’examen du budget, présenté mardi en Conseil des ministres. La commission des Finances s’en saisira lundi prochain avant un débat dans l’hémicycle prévu vendredi. En l’absence de recours au 49.3, que le Premier ministre s’est engagé à ne pas utiliser, les discussions s’annoncent particulièrement difficiles dans un paysage parlementaire fragmenté.
Les socialistes conservent la possibilité de déposer une motion de censure ultérieure durant les débats budgétaires. Comme le souligne un député de la majorité, le gouvernement, s’il survit à ce premier test, n’en demeurera pas moins dans une position de fragilité avérée.
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