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Culture

La guillotine entre au Mucem comme symbole de l’abolition

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Le musée marseillais expose l’instrument historique pour commémorer le combat de Robert Badinter contre la peine capitale, transformant un objet de mort en pièce de patrimoine.

Au cœur du Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée trône désormais une guillotine de quatre mètres cinquante. Cette installation s’inscrit dans le cadre de l’entrée prochaine de Robert Badinter au Panthéon, rendant hommage à son engagement déterminant dans l’abolition de la peine de mort en 1981. L’appareil, pesant huit cents kilos et composé de bois et de métal, occupe seul une salle de l’exposition permanente, où il attend la venue des premiers visiteurs à compter du 9 octobre.

À proximité immédiate de la machine sont reproduits des extraits du plaidoyer prononcé par l’ancien garde des Sceaux devant le Sénat. L’un d’eux rappelle que la France figurait parmi les derniers États européens à abolir la peine capitale, malgré les efforts antérieurs de nombreuses personnalités. C’est d’ailleurs à Robert Badinter que l’on doit la présence de cet objet dans les collections nationales, lui qui en avait proposé le transfert un an après le vote de la loi d’abolition, sous réserve qu’il ne soit montré au public qu’après l’an 2000.

La direction du Mucem justifie cette exposition par sa mission de conservation des traces marquantes de l’histoire sociale. Le président de l’établissement souligne la volonté d’intégrer au patrimoine commun un artefact désormais privé de toute fonction opérationnelle. Le mécanisme a d’ailleurs été neutralisé pour des impératifs de sécurité et de préservation.

Le public n’a pu apercevoir une guillotine que lors de trois occasions depuis 1981, notamment lors de l’inauguration du Mucem en 2013 et dans l’enceinte de la prison des Baumettes en 2019. Inventée à la fin du XVIIIe siècle, cette machine a porté divers surnoms évocateurs comme « la Veuve » ou « le Rasoir national ». Son nom officiel provient du docteur Guillotin, qui en avait préconisé l’adoption comme unique mode d’exécution capitale.

Utilisée sur les places publiques tout au long du XIXe siècle, la guillotine ne fut plus employée que dans l’espace clos des prisons à partir de 1939. Aujourd’hui, son exposition au Mucem en fait un témoin silencieux des évolutions juridiques et morales de la société française.

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