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Économie

Des milliers de bovins piégés par l’épizootie dans les alpages savoyards

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Alors que l’hiver s’annonce en Savoie, des troupeaux entiers demeurent bloqués en altitude, privés de transhumance en raison de restrictions sanitaires. La situation génère des difficultés croissantes pour les éleveurs confrontés à l’arrivée du froid et au manque de places.

Un arrêté préfectoral, en vigueur jusqu’au 21 octobre et susceptible d’être prolongé, interdit tout déplacement de bétail dans la zone touchée par la dermatose nodulaire contagieuse. Cette maladie, apparue fin juin dans le nord des Alpes françaises et non transmissible à l’homme, a conduit à l’abattage intégral des cheptels infectés, soit plus de 1 700 têtes. Entre 2 800 et 4 000 bovins, principalement originaires du sud de la France, n’ont ainsi pu regagner leurs exploitations à la période habituelle de la descente des alpages.

Les éleveurs locaux doivent désormais composer avec une surpopulation inédite. Le cheptel savoyard, qui compte environ 170 000 bêtes, ne dispose pas de capacités d’accueil suffisantes pour absorber ces animaux supplémentaires. Les premières gelées en altitude aggravent les risques pour les bêtes, exposées au froid, aux chutes et à la prédation, tandis que certaines vaches approchent de la mise bas.

Face à cette situation, le ministère de l’Agriculture a annoncé la mise à disposition de places d’urgence dans les lycées agricoles et une aide de deux euros par jour pour l’hébergement des animaux. Ces mesures sont toutefois jugées insuffisantes par les professionnels, qui dénoncent un soutien financier inadapté à l’ampleur des besoins. Les éleveurs supportent des surcoûts liés à l’alimentation, à la main-d’œuvre et à la prolongation des salaires des bergers.

La solidarité entre agriculteurs permet actuellement de trouver des solutions temporaires, comme l’accueil des bêtes dans des parcelles de maïs en vallée. Mais ces aménagements restent précaires. Au-delà de la fin octobre, l’arrivée de la neige compromettra ces alternatives. Les professionnels réclament un assouplissement des restrictions dans les secteurs où la vaccination a été généralisée et où aucun nouveau cas n’a été détecté depuis plus de cinquante jours. Ils soulignent l’urgence de prendre en compte les réalités terrain, où le vivant et les aléas climatiques imposent des décisions rapides.

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