Économie
L’usine Stellantis de Poissy face à son crépuscule industriel
Le moral des équipes de l’établissement francilien a touché son plus bas niveau, alors que les annonces de chômage partiel et l’absence de perspectives de production viennent conforter les craintes d’une fermeture définitive.
Devant les portails de l’immense complexe industriel de Poissy, les visages sont marqués par une inquiétude palpable. Les salariés de Stellantis, qui font vivre le dernier site automobile d’Île-de-France, traversent une période de profond pessimisme. La récente annonce de trois semaines de chômage partiel pour deux mille ouvriers a renforcé la conviction générale d’une disparition programmée des activités de production.
Un ouvrier, souhaitant garder l’anonymat, résume l’ambiance qui règne sur le site. Selon lui, l’avenir de l’usine est déjà scellé. Cette opinion est largement partagée parmi le personnel, qui ne croit plus à la pérennité de cette usine historique, active depuis 1937 en bord de Seine. Les spécialistes du secteur estiment que la production automobile pourrait cesser d’ici un an et demi à deux ans.
La situation s’explique notamment par les difficultés commerciales du modèle Opel Mokka, pratiquement le seul véhicule encore assemblé à Poissy. Face à la concurrence des SUV, sa fabrication devient moins rentable. Le groupe Stellantis, qui enregistre une baisse de ses ventes en France, a confirmé l’arrêt prochain de ce modèle sans annoncer de remplacement.
Les représentants du personnel soulignent l’ampleur inédite des mesures de chômage partiel. La direction évoque désormais le maintien d’activités industrielles sans préciser la nature de ces dernières, ce qui alimente les incertitudes. La comparaison avec le site Renault de Flins, reconverti dans l’économie circulaire après l’arrêt de la production automobile, est régulièrement évoquée.
Paradoxalement, le site de Poissy abrite également le nouveau siège français de Stellantis, un campus ultramoderne consacré à la recherche et au développement. Cette coexistence entre des activités tertiaires prometteuses et une usine en déclin crée un contraste saisissant et contribue au sentiment d’injustice parmi les ouvriers de la production.
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