Économie
Le test salivaire pour l’endométriose divise la communauté médicale
Un soutien public massif accompagne le développement de l’Endotest, tandis que des scientifiques soulèvent des doutes quant à sa validation clinique.
Le gouvernement français maintient son appui déterminé envers la startup Ziwig et son test salivaire destiné au diagnostic de l’endométriose. Présenté comme une innovation majeure, cet examen repose sur l’analyse des micro-ARN et le recours à l’intelligence artificielle. Son remboursement par l’Assurance maladie concerne désormais des milliers de femmes, représentant un engagement financier substantiel.
Les autorités sanitaires justifient cette décision par le potentiel médical du dispositif. L’endométriose affecte environ une femme sur dix en âge de procréer, souvent caractérisée par un diagnostic tardif et des conséquences sévères sur la qualité de vie. La technologie développée par Ziwig promet une détection précoce de toutes les formes de cette pathologie.
Pourtant, des voix s’élèvent dans le milieu scientifique pour questionner la solidité des preuves avancées. Les études publiées à ce jour, bien que prometteuses, seraient insuffisantes pour valider l’efficacité réelle du test. Des chercheurs pointent notamment la taille limitée des échantillons et l’absence de validation indépendante.
La Haute autorité de santé a opté pour un remboursement via le dispositif du forfait innovation, spécifiquement conçu pour les technologies émergentes dont les données cliniques restent incomplètes. Ce cadre permet de poursuivre les recherches tout en donnant accès au test à certaines patientes, notamment celles ayant déjà subi des examens conventionnels infructueux.
Certains experts s’interrogent sur l’équilibre des financements publics, notant que des laboratoires académiques peinent à obtenir des soutiens comparables pour d’autres approches diagnostiques. La concentration des moyens sur une seule technologie pourrait, selon eux, freiner le développement d’alternatives potentiellement plus efficaces.
Les représentants de Ziwig défendent la rigueur méthodologique de leurs travaux et soulignent que les processus de validation par les revues scientifiques internationales nécessitent du temps. Ils estiment que leur test présente des performances inégalées à l’échelle mondiale.
Du côté des associations de patientes, les positions sont partagées. Certaines militent pour un élargissement de l’accès au test, tandis que d’autres expriment des réserves sur son utilité réelle et regrettent que les promesses initiales n’aient pas été entièrement tenues.
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