Économie
L’Irak rétablit le flux pétrolier du Kurdistan après une interruption prolongée
Après plus de deux années de suspension, les exportations d’or noir en provenance de la région autonome du Kurdistan irakien ont officiellement repris ce week-end. Cette décision marque une étape significative dans la résolution des différends entre Bagdad et Erbil.
Le gouvernement irakien a confirmé la reprise des exportations pétrolières depuis le Kurdistan via l’oléoduc reliant l’Irak à la Turquie. Cette announce fait suite à une interruption de plus de vingt-quatre mois, consécutive à un litige juridique et technique entre les autorités fédérales et l’administration régionale kurde. Le contrôle des revenus pétroliers avait en effet cristallisé les tensions entre les deux capitales, aboutissant à la fermeture, en mars 2023, d’une infrastructure cruciale pour les exportations.
Le directeur de la Société de commercialisation du pétrole irakien (Somo) a indiqué que 190 000 barils par jour seraient désormais destinés à l’exportation, tandis que 50 000 barils quotidiens seraient alloués à la consommation intérieure. Le ministre turc de l’Énergie a pour sa part annoncé que les flux avaient effectivement recommencé tôt samedi matin. Auparavant, les ventes de pétrole kurde s’effectuaient de manière autonome, sans supervision de Bagdad, via le terminal turc de Ceyhan.
L’arrêt des exportations était intervenu après une décision d’un tribunal arbitral international, qui avait donné raison aux autorités fédérales irakiennes concernant la gestion des hydrocarbures. La Turquie avait alors suspendu ses importations en provenance du Kurdistan. Les négociations ultérieures ont buté sur la question des coûts de production et de transport, retardant d’autant la reprise des activités.
Un accord a finalement été conclu jeudi entre le gouvernement central, la région autonome et les compagnies pétrolières internationales présentes sur place. Cet arrangement prévoit la tenue de discussions dans les trente jours afin d’établir un mécanisme de remboursement des créances impayées, évaluées à environ un milliard de dollars. Une association sectorielle estime que l’interruption des flux a généré des pertes dépassant les 35 milliards de dollars pour l’ensemble des parties prenantes.
Si la majorité des opérateurs internationaux ont souscrit à cet accord, le groupe norvégien DNO ASA a fait part de son abstention, exigeant des garanties supplémentaires quant à la sécurisation des paiements. L’Irak, dont les revenus dépendent à 90 % du pétrole, exporte en moyenne 3,4 millions de barils par jour et demeure un membre fondateur de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole.
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