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Économie

Le magnat minier en croisade pour la décarbonation

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Un navire fonctionnant à l’ammoniac vert a fait escale à New York, symbole de la métamorphose engagée par le milliardaire Andrew Forrest. Le fondsateur de Fortescue entend éliminer les énergies fossiles de ses activités d’ici cinq ans.

Amarré dans le port de Manhattan à l’occasion d’une rencontre internationale sur le climat, le Green Pioneer attire les regards. Cet ancien navire de servitude pétrolière, long de soixante-quinze mètres, a été reconverti pour illustrer la transition énergétique voulue par le dirigeant australien. Il devient l’un des premiers bateaux au monde à utiliser l’ammoniac comme carburant, une innovation qui supprime les émissions de gaz à effet de serre lors de sa combustion.

Andrew Forrest, président du groupe minier Fortescue, reconnaît sans ambages le poids environnemental de son secteur. Mais il affirme que sa société opère un virage accéléré. L’objectif est d’abandonner totalement les combustibles fossiles dans un délai de cinq ans. Cette ambition contraste avec le recul observé dans certaines politiques climatiques internationales. Le magnat mise sur une flotte de cargo propulsés à l’ammoniac pour transporter ses minerais, une alternative au fioul lourd traditionnel.

L’homme d’affaires, régulièrement présent dans les arènes climatiques mondiales, rejette les stratégies de compensation carbone qu’il estime scientifiquement fragiles. Il prône une approche de suppression directe des émissions, visant un bilan neutre sans recours à des crédits. Atteindre un tel résultat dans l’industrie minière d’ici 2030 représenterait une avancée majeure. Le plan repose sur l’électrification des engins d’extraction, le déploiement massif d’énergies renouvelables et une refonte du procédé de transformation du minerai de fer, notamment via l’hydrogène vert.

Les défis techniques et économiques restent néanmoins significatifs. L’hydrogène produit à partir d’énergies renouvelables demeure onéreux, et son application industrielle à grande échelle n’est pas encore éprouvée. Par ailleurs, des voix rappellent que l’activité minière elle-même génère des impacts écologiques, indépendamment de son bilan carbone.

Andrew Forrest explique que son engagement s’enracine dans une prise de conscience personnelle survenue après un accident. Une période d’immobilité lui a permis de reprendre des études et d’obtenir un doctorat en écologie marine, renforçant sa conviction de l’urgence climatique. Face aux critiques sur les coûts économiques de la transition, il se présente en défenseur d’un modèle entrepreneurial adapté aux enjeux de long terme, assurant que l’innovation verte est compatible avec la rentabilité.

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