Nous rejoindre sur les réseaux

Culture

Armani dialogue avec les maîtres de la Renaissance à la Pinacothèque de Brera

Article

le

Plus de cent vingt créations du célèbre couturier italien investissent les salles du prestigieux musée milanais, engageant une conversation silencieuse entre l’élégance contemporaine et les chefs-d’œuvre picturaux des XVe et XVIe siècles.

La Pinacothèque de Brera, à Milan, accueille une exposition singulière où la mode rencontre l’art ancien. À l’occasion du cinquantième anniversaire de la maison de couture, des pièces emblématiques de Giorgio Armani côtoient désormais les tableaux de Bellini ou de Bramante. Le styliste, disparu récemment, avait activement collaboré à la scénographie de cet événement inscrit au programme de la Fashion Week milanaise.

Les tenues, sélectionnées avec soin, ne suivent pas une chronologie mais répondent aux œuvres qui les entourent. Un ensemble bleu porté par Juliette Binoche à Cannes fait face à une Vierge de Bellini, dont le voile azur entre en résonance avec la soie du vêtement. Non loin, le costume grège d’*American Gigolo* dialogue avec des fresques de soldats de la Renaissance. La sobriété des matières et des couleurs neutres épouse l’architecture majestueuse des lieux, tandis que des pièces plus audacieuses, comme une robe rouge portée au gala du Met, soulignent avec éclat les tonalités chaudes des peintures environnantes.

Selon les concepteurs de l’exposition, Armani souhaitait avant tout que ses créations « participent à la beauté » des salles sans jamais éclipser les tableaux. Aucune pièce de couture n’a été placée devant les œuvres majeures, telle *La Lamentation sur le Christ mort* de Mantegna. Cette démarche respectueuse traduit l’attachement profond du créateur pour cette institution, dont il était membre honoraire et dont il pouvait admirer les collections depuis son appartement personnel.

Intitulée « Giorgio Armani : Milan, par amour », cette rétrospective posthume célèbre ainsi l’héritage d’un homme qui a contribué à forger l’identité stylistique de la capitale lombarde. Jusqu’au bout, le maître aura veillé à ce que la mode s’inscrive dans la continuité de l’art, comme un décor vivant au service du patrimoine.

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus