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Culture

Emmanuel Carrère et Olivier Assayas défendent le choix de l’anglais pour « Le Mage du Kremlin »

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L’écrivain et le réalisateur justifient cette décision artistique en s’appuyant sur le précédent de la série « Chernobyl », qui avait popularisé l’usage de l’anglais pour des récits ancrés dans le contexte russe.

La question de la langue s’est imposée dès les premières réflexions autour de l’adaptation cinématographique du roman à succès de Giuliano Da Empoli. Le récit plonge au cœur des arcanes du pouvoir russe à travers le personnage de Vadim Baranov, conseiller occulte de Vladimir Poutine et témoin privilégié de la dérive autoritaire du régime. Le russe étant exclu pour des raisons pratiques et le français jugé inadapté, l’anglais s’est progressivement imposé comme une évidence, notamment grâce au succès critique de la mini-série « Chernobyl ».

Emmanuel Carrère, qui signe l’adaptation du scénario, reconnaît que les premières répliques en anglais peuvent surprendre, mais souligne la capacité du public à accepter ce parti pris dès lors que la narration est suffisamment forte. Le film, présenté en avant-première à la Mostra de Venise, retrace plus de deux décennies d’histoire russe, des années 1990 jusqu’à l’annexion de la Crimée en 2014. Jude Law y incarne le président russe avec une justesse remarquée, restituant une forme de froideur calculée propre au personnage.

Tourné en Lettonie en raison de l’impossibilité de filmer en Russie, le long-métrage d’Olivier Assayas s’attache à respecter la vérité historique tout en adoptant une approche dramaturgique accessible. Giuliano Da Empoli insiste sur la nécessité de montrer les racines du pouvoir poutinien et les mécanismes ayant conduit aux développements geopolitiques contemporains. Le récit, structuré comme une confession de Baranov à un universitaire américain, croise plusieurs figures clés de l’ère post-soviétique, des oligarques aux idéologues.

Pour Carrère, familier de la Russie, le roman offrait une compréhension fine des logiques de pouvoir, dépassant le simple cadre national. Le projet d’adaptation s’est naturellement imposé comme une suite logique à ses travaux antérieurs sur le sujet. Le film entend ainsi éclairer les prémices de la situation actuelle, en révélant une violence structurelle déjà présente aux origines du régime. Une plongée ambitieuse dans les coulisses du Kremlin, servie par des choix artistiques assumés.

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