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Culture

La Nuit au cœur de Nathacha Appanah, un roman nécessaire sur la violence féminicide

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L’écrivaine mauricienne livre un récit littéraire poignant inspiré de deux féminicides et de sa propre expérience. Un ouvrage salué comme l’un des temps forts de cette rentrée.

Nathacha Appanah signe avec « La Nuit au cœur » un texte puissant et intime, porté par les Éditions Gallimard en cette rentrée littéraire. L’autrice y explore le destin tragique de deux femmes tuées par leur conjoint, tout en confrontant son propre passé au sein d’une relation toxique dont elle a réchappé.

Le livre puise sa source dans des événements douloureux et longtemps tus. L’écrivaine évoque une période personnelle qu’elle qualifie d’« angle mort », sans aucune photographie conservée entre ses dix-neuf et vingt-cinq ans. Ce n’est qu’en 2021, alors qu’elle résidait à Bordeaux, que la proximité géographique avec le meurtre de Chahinez Daoud l’a décidée à transformer cette matière brute en œuvre romanesque.

Chahinez Daoud, une Algérienne de 31 ans mère de trois enfants, a été brûlée vive en pleine rue à Mérignac par son ex-compagnon. Ce dernier, désigné sous les initiales MB dans le livre, a écopé de la perpétuité. Parallèlement, Nathacha Appanah revient sur le meurtre de sa cousine Emma, tuée en 2000 à Maurice, volontairement renversée par un homme condamné à douze années de prison.

L’autrice tisse avec une grande sensibilité les fils de ces trois histoires, sans chercher à établir de hiérarchie dans la souffrance. Elle interroge avec humilité les mécanismes de l’emprise et la part d’imprévisible qui fait que certaines vies sont emportées et d’autres épargnées. Son récit alterne entre précision factuelle — nourrie par des échanges avec les proches de Chahinez — et fragments de mémoire, là où les traces judiciaires ou familiales se font plus rares, comme dans le cas d’Emma.

« La Nuit au cœur » ne se contente pas de documenter des faits. Il offre, par la puissance de la littérature, une forme de consolation face à l’insondable. Un livre que Nathacha Appanah considère elle-même comme un privilège, celui de pouvoir témoigner par l’écriture.

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