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Culture

La musique soufie étouffée par la montée des intégristes au Bangladesh

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Au Bangladesh, les artistes soufis et Baul subissent une pression croissante de la part de groupes islamistes, qui multiplient les intimidations et les destructions de lieux culturels.

Depuis la chute de l’ancien gouvernement, les adeptes du soufisme, courant mystique de l’islam, voient leurs traditions musicales menacées. Les concerts, autrefois fréquents dans les sanctuaires, se raréfient sous la pression de mouvements religieux rigoristes. Plusieurs dizaines de sites dédiés à ces pratiques ont été vandalisés, tandis que les musiciens dénoncent une atmosphère de plus en plus hostile.

Les Baul, reconnus par l’Unesco comme patrimoine culturel immatériel, sont particulièrement touchés. Leur musique, considérée comme une expression spirituelle, est désormais qualifiée d’inappropriée par certains groupes islamistes. Des attaques violentes ont été recensées, comme celle survenue à Dinajpur, où des individus armés ont saccagé un lieu de culte sous prétexte qu’il accueillait des performances musicales.

Les autorités, bien qu’elles affirment soutenir les artistes, peinent à endiguer ces violences. Les plaintes restent rares, et les arrestations peu nombreuses. Certains observateurs pointent une forme de passivité des pouvoirs publics face à ces exactions.

Pour les défenseurs de cette tradition, la musique soufie représente bien plus qu’un art. Elle incarne une philosophie de tolérance et de partage, aujourd’hui mise en péril. Malgré les menaces, certains artistes continuent de se produire, refusant de renoncer à leur héritage. Mais dans un climat de plus en plus tendu, leur voix peine à se faire entendre.

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