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Économie

Los Angeles : les commerçants pris en étau entre répression migratoire et crise économique

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Les opérations anti-migrants plongent les petits commerces de Los Angeles dans une situation critique, avec des rues désertées et des chiffres d’affaires en chute libre.

À Los Angeles, l’atmosphère pesante qui règne dans le quartier commerçant du Fashion District contraste avec son habituelle effervescence. Les établissements, autrefois bondés, voient aujourd’hui leur fréquentation s’effondrer. Nayomie Mendoza, propriétaire d’un restaurant mexicain, constate une baisse vertigineuse de 80 % de son activité. Seules les livraisons à domicile lui permettent de tenir, beaucoup de clients préférant éviter de sortir par crainte des contrôles.

Cette situation découle des opérations musclées menées par les services fédéraux de l’immigration, qui ciblent les sans-papiers dans la ville. Los Angeles, considérée comme une « ville sanctuaire » pour les migrants, compte une importante population étrangère, légale ou non. Les récentes descentes ont provoqué un vent de panique, poussant de nombreux habitants à se terrer chez eux. Les commerçants, déjà fragilisés par les crises successives, subissent de plein fouet cette nouvelle vague de répression.

Manuel Suarez, vendeur de jouets depuis 35 ans, témoigne d’une situation pire que lors de la pandémie. « À l’époque, on vendait encore. Aujourd’hui, c’est la catastrophe », confie-t-il. Les boutiques ferment les unes après les autres, certaines par précaution, d’autres contraintes par la chute des ventes. Les employés sont licenciés, et l’économie locale s’asphyxie.

Dans ce climat de méfiance, les commerçants s’organisent. Talkies-walkies, guetteurs postés sur les toits, alertes en cas de présence policière : la résistance s’organise, mais l’inquiétude domine. Jose Yern, gérant d’une boutique de robes de soirée, explique que les clients ne font plus que des achats express, sans traîner. « La peur est partout », résume-t-il.

Les autorités fédérales, quant à elles, affichent une détermination sans faille, promettant de poursuivre leurs opérations. Face à cette pression, les petits entrepreneurs se sentent abandonnés. « Quand on nous attaque, tout le monde perd », déplore un vendeur anonyme. Malgré tout, beaucoup refusent de baisser les bras, prêts à jouer « au chat et à la souris » avec les forces de l’ordre. Une lutte inégale, où l’avenir des commerces de proximité se joue en première ligne.

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