Monde
Hongrie : la presse indépendante sous le feu des attaques gouvernementales
Alors que Budapest repousse un projet de loi controversé, trois médias critiques dénoncent une stratégie d’étouffement orchestrée par le pouvoir orbanien.
En Hongrie, un texte législatif visant à encadrer les financements étrangers des médias et ONG suscite une vive opposition. Bien que son examen parlementaire ait été reporté à l’automne, les rédactions concernées restent en alerte. Pour elles, cette initiative n’est qu’un nouvel outil destiné à réduire au silence les dernières voix dissonantes dans un paysage médiatique largement dominé par le pouvoir.
Les rédactions de 444, Telex et Partizan, trois plateformes influentes mais fragilisées, dénoncent une manœuvre politique. Leurs dirigeants y voient une tentative de les discréditer ou de les asphyxier financièrement. Le texte, présenté comme une mesure de « transparence », permettrait en effet de sanctionner les structures accusées de menacer la souveraineté nationale via des fonds extérieurs. Or, pour ces médias, souvent soutenus par des donateurs hongrois ou européens, une telle loi équivaudrait à une condamnation à mort économique.
La mobilisation citoyenne ne faiblit pas. Des milliers de manifestants ont récemment défilé dans les rues de Budapest, craignant une dérive autoritaire inspirée du modèle russe. Les critiques internationales, notamment de l’Union européenne, n’ont pas suffi à infléchir la position du gouvernement, qui justifie sa démarche par la lutte contre « l’ingérence étrangère ».
Pour les journalistes concernés, cette offensive s’inscrit dans une logique plus large de musellement. Depuis son arrivée au pouvoir en 2010, Viktor Orbán a progressivement resserré son emprise sur les médias, reléguant la Hongrie à la 68e place du classement mondial de la liberté de la presse. Les rédactions indépendantes survivent malgré les pressions, mais dans un climat d’incertitude permanente.
À Telex, né en 2021 après une scission avec Index pour préserver son indépendance, la détermination reste intacte. « La vérité ne peut être interdite », affirme l’un de ses responsables. Même résistance du côté de Partizan, média numérique financé par des micro-contributions, qui craint de perdre une ressource vitale si la loi est adoptée.
Alors que Budapest semble jouer la montre, les médias visés s’organisent. Mais dans un environnement de plus en plus hostile, leur survie dépendra autant de leur résilience que de la mobilisation de leurs soutiens, en Hongrie comme à l’étranger.
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