Culture
Les talibans et leur nouveau visage : protecteurs du patrimoine afghan ?
De la destruction des bouddhas de Bamiyan à une volonté affichée de préservation, le régime taliban tente de réécrire son rapport à l’histoire.
Vingt ans après avoir réduit en poussière les célèbres bouddhas de Bamiyan, les talibans, de retour au pouvoir depuis 2021, affirment aujourd’hui vouloir protéger le patrimoine culturel afghan, y compris les vestiges pré-islamiques. Une posture qui contraste radicalement avec leur image passée, mais qui suscite encore la méfiance des observateurs.
Dernièrement, plusieurs découvertes archéologiques ont été mises en avant, notamment dans la province de Laghman, où des niches creusées dans la roche, des inscriptions anciennes et des artefacts bouddhiques ont été exhumés. Les autorités locales insistent sur l’importance de ces trésors historiques, qu’ils considèrent comme des témoignages essentiels de l’identité afghane. « Qu’ils soient musulmans ou non, ces vestiges font partie de notre héritage », explique un responsable culturel, soulignant l’engagement officiel en faveur de leur conservation.
À Ghazni, des statuettes bouddhiques récemment découvertes sont désormais placées sous protection, une démarche impensable sous le premier régime taliban. À l’époque, le mollah Omar avait ordonné la destruction systématique des représentations figuratives, au nom d’une interprétation rigoriste de l’islam. Aujourd’hui, le discours a changé, et certains y voient une stratégie pour améliorer l’image du pays.
La réouverture du musée national de Kaboul et les demandes de coopération avec des organisations internationales, comme la Fondation Aga Khan, illustrent cette nouvelle approche. « Ils semblent avoir tiré les leçons du passé », note un expert, évoquant les conséquences désastreuses de la destruction des bouddhas sur la réputation des talibans.
Pourtant, des défis persistent. Le manque de moyens, l’exode des spécialistes et le pillage des sites archéologiques entravent les efforts de préservation. Dans certaines régions, les artefacts sont encore stockés dans des conditions précaires, faute de ressources. Par ailleurs, si les autorités tolèrent la restauration de certains monuments, comme la synagogue d’Hérat, elles restent réticentes à en faire la promotion.
Enfin, le patrimoine immatériel – musique, danse, traditions populaires – reste un sujet tabou, exclu de cette politique d’ouverture. Les talibans continuent d’imposer une vision ultra-conservatrice de la culture, rappelant que leur transformation a ses limites. Entre opportunisme et sincérité, leur engagement en faveur du patrimoine demeure un pari fragile.
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