Culture
L’histoire de « Betsy », thèse et roman sur les violences psychiatriques
« Mon vrai nom est Elisabeth » : quand une thèse devient un roman poignant sur les violences psychiatriques
Adèle Yon, arrière-petite-fille d’une femme lobotomisée dans les années 1950, signe un récit bouleversant mêlant enquête historique et hommage familial.
Adèle Yon, 31 ans, a réussi un pari audacieux : transformer sa thèse de doctorat en un roman acclamé par la critique. Intitulé *Mon vrai nom est Elisabeth*, publié aux Éditions du Sous-Sol, l’ouvrage retrace le destin tragique de son arrière-grand-mère, Elisabeth, surnommée « Betsy ». Diagnostiquée à tort schizophrène dans les années 1940, cette dernière a subi une lobotomie et des années d’internement psychiatrique, victime des violences médicales et sociales de son époque. Le livre, qualifié de « puissant » par *Le Monde* et de « brûlot féministe » par *Le Figaro*, explore les mécanismes d’oppression qui ont brisé sa vie.
Elisabeth, issue d’un milieu aisé, a vu son existence basculer après un mariage forcé en 1940. Mère de six enfants, elle s’est vue privée de son rôle parental par son mari, qui l’a fait interner et lobotomiser en 1950. Cette pratique, courante à l’époque, visait à « calmer » les femmes jugées trop indépendantes ou rebelles. Adèle Yon, à travers des archives familiales et des témoignages, révèle une vérité longtemps étouffée : Elisabeth n’était pas schizophrène, mais victime d’un système patriarcal et médical oppressif.
L’autrice, également chercheuse en cinéma, s’est intéressée à cette histoire après avoir étudié les figures féminines fantomatiques au cinéma, comme dans *Rebecca* d’Alfred Hitchcock. Son travail met en lumière les violences spécifiques infligées aux femmes, souvent réduites au silence par des diagnostics abusifs et des traitements invasifs. Les lobotomies, pratiquées massivement entre les années 1930 et 1950, ont surtout ciblé des femmes, les privant de leurs capacités cognitives et les excluant socialement.
Le titre du roman, *Mon vrai nom est Elisabeth*, s’inspire d’une lettre écrite par Betsy à son futur mari pendant la Seconde Guerre mondiale. Ces correspondances révèlent une femme lucide et indépendante, refusant les conventions sociales de son époque. Adèle Yon y voit une forme de résistance qui a traversé les générations. Elle-même, après un parcours atypique incluant un passage dans la boucherie, a choisi de briser les cadres académiques pour raconter cette histoire avec une liberté créative rare.
Ce récit, à la fois intime et universel, interroge les héritages familiaux et les violences institutionnelles. Il rappelle que derrière chaque diagnostic psychiatrique se cache parfois une histoire de domination et de souffrance. Adèle Yon, en mêlant rigueur historique et sensibilité littéraire, offre une voix à celles qui en ont été privées. Un hommage nécessaire et poignant.
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