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Économie

Une île indonésienne défie le géant Holcim en justice pour cause de submersion

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Des habitants de l’île de Pari réclament réparation au cimentier suisse, qu’ils jugent coresponsable de l’élévation du niveau de la mer menaçant leur territoire.

Une audience cruciale s’est ouverte ce mercredi en Suisse, où des résidents de l’île indonésienne de Pari ont intenté une action en justice contre le groupe Holcim. Ils estiment que les émissions historiques de CO₂ du cimentier ont contribué à l’élévation du niveau de la mer et à l’érosion accélérée de leur île.

L’affaire s’inscrit dans une tendance croissante de contentieux climatiques dirigés contre des entreprises dont les activités sont considérées comme néfastes pour le climat. Si les majors pétrolières sont souvent visées, ce procès cible pour la première fois en Suisse un acteur majeur de l’industrie cimentière, secteur responsable d’environ 8 % des émissions mondiales de dioxyde de carbone.

Les plaignants, soutenus par une organisation non gouvernementale helvétique, demandent à Holcim de participer financièrement à des mesures de protection côtière, telles que la plantation de palétuviers pour freiner l’avancée des eaux. L’île de Pari, située au large de Jakarta, a perdu près de 11 % de sa surface en onze ans et pourrait, selon certaines projections, disparaître d’ici 2050.

Holcim conteste la recevabilité de la plainte et argue que la régulation des émissions de CO₂ relève du législateur et non des tribunaux civils. Le groupe, qui a réalisé un chiffre d’affaires de plus de 28 milliards d’euros l’an dernier, ne dispose plus de cimenteries en Indonésie depuis 2019.

L’enjeu de cette audience est avant tout procédural. Il s’agit pour le tribunal de déterminer s’il est compétent pour examiner le fond de l’affaire. Une décision pourrait être rendue dans les prochains jours ou nécessiter plusieurs mois de délibération.

Cette action s’appuie sur une étude selon laquelle Holcim aurait contribué à hauteur de 0,42 % aux émissions industrielles mondiales depuis 1750. Les demandeurs réclament une compensation proportionnelle à ce bilan carbone.

Un précédent existe en Allemagne, où la justice a reconnu le principe de responsabilité des entreprises énergétiques dans les dommages climatiques, indépendamment de leur localisation. Les habitants de Pari espèrent que les tribunaux suisses iront plus loin et établiront un nouveau standard en matière de justice climatique.

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