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Culture

Un village corse ressuscite son joyau baroque

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Grâce à une mobilisation exceptionnelle, les habitants de Castifao ont réuni plus d’un million d’euros pour sauver leur couvent historique, fermé depuis plusieurs années.

La détermination d’une petite communauté a permis de réaliser l’impossible. Dans la vallée de l’Asco, en Haute-Corse, la commune de Castifao, qui ne compte qu’une centaine de résidents, vient de boucler le financement pour la restauration intégrale du couvent de Caccia. Cet édifice religieux du XVIe siècle, classé monument historique, était condamné à une fermeture définitive en raison de son état de péril. Une collecte de fonds associant subventions publiques et dons privés a finalement rassemblé la somme nécessaire, évaluée à 1,1 million d’euros.

L’édifice, perché sur les hauteurs, domine le paysage mais n’était plus accessible au public. Son fronton, gravement fragilisé, menaçait de s’effondrer et de provoquer des dommages irréversibles à l’ensemble de la structure. Dès son élection, le maire a fait de ce sauvetage une priorité absolue, malgré le scepticisme initial. Le projet a finalement reçu le soutien majoritaire de la Collectivité de Corse, complété par une participation de l’État et, surtout, par une souscription populaire d’une ampleur remarquable.

La générosité a en effet dépassé toutes les attentes, démontrant l’attachement profond des Corses à ce patrimoine. Des contributions substantielles, venant parfois de familles ayant des liens ancestraux avec les lieux, ont afflué de toute l’île. Une association locale a été créée pour fédérer les énergies et porter le projet, soulignant que le couvent constitue un symbole historique partagé entre plusieurs villages. Le site est d’autant plus emblématique qu’il aurait abrité les premières réflexions de Pascal Paoli pour la rédaction de la Constitution corse au XVIIIe siècle.

Les travaux de restauration devraient débuter au cours du premier semestre 2026, pour une réouverture prévue environ dix-huit mois plus tard. La municipalité envisage de redonner vie à ce lieu à la fois comme espace de mémoire, où des familles pourront se recueillir sur les tombes de leurs aïeux, et comme pôle culturel ouvert à tous. Cette aventure collective démontre qu’avec une volonté commune, la préservation d’un patrimoine en péril peut devenir une réalité, même pour les plus petites communes.

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