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Économie

Un traité sur le plastique enlisé dans des divisions irréconciliables

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Les négociations internationales à Genève butent sur l’opposition farouche des pays producteurs de pétrole, menaçant l’adoption d’un premier accord mondial contre la pollution plastique.

Les discussions engagées sous l’égide des Nations unies pour élaborer un traité contraignant sur la pollution plastique connaissent des blocages majeurs. Les délégations de 184 pays, réunies au Palais des Nations à Genève, peinent à trouver un terrain d’entente sur les mesures à adopter pour réguler l’ensemble du cycle de vie des matières plastiques.

Un clivage net oppose les États favorables à une réduction de la production de plastique vierge, regroupés au sein d’une coalition dite « ambitieuse », et un groupe de pays pétroliers emmené par l’Arabie saoudite, la Russie et l’Iran. Ces derniers rejettent toute contrainte sur la production et souhaitent limiter le traité à la gestion des déchets, une approche jugée insuffisante par leurs opposants.

Les désaccords portent également sur la création d’une liste de substances chimiques dangereuses présentes dans les plastiques, comme les PFAS ou les phtalates. Plusieurs industriels et certains États refusent cette mesure, préférant des réglementations nationales disparates. La Chine, premier producteur mondial, reste pour l’instant en retrait des discussions, sans manifester d’ouverture sur ces sujets sensibles.

Alors que 22 millions de tonnes de déchets plastiques finissent chaque année dans la nature, contaminant les écosystèmes et la chaîne alimentaire, l’absence de consensus fait craindre un échec similaire à celui de Busan en 2024. Les observateurs soulignent que les positions se durcissent, réduisant les marges de manœuvre pour un compromis. La tradition onusienne privilégiant les accords par consensus complique encore la donne, bien qu’un vote reste possible en dernier recours.

Cette impasse illustre les tensions entre enjeux environnementaux et intérêts économiques, dans un dossier où chaque concession semble arrachée. Les prochains jours diront si les négociateurs parviendront à débloquer une situation qui, pour l’heure, ressemble à un dialogue de sourds.

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