Société
Procès en vue pour deux influenceurs niçois après des violences filmées en direct
_**L’affaire, qui avait défrayé la chronique à la suite du décès d’un de leurs partenaires, illustre les dérives financières et éthiques de certaines pratiques du streaming.**_
Deux créateurs de contenu en ligne, connus sous les pseudonymes de Naruto et Safine, comparaîtront devant le tribunal correctionnel de Nice au début du mois de juillet. Ils sont poursuivis pour une série d’infractions liées à des séquences vidéo diffusées en direct, montrant des actes de violence et d’humiliation à l’encontre de plusieurs personnes, dont leur ancien collaborateur Jean Pormanove, décédé en août dernier. L’autopsie de ce dernier n’a toutefois pas établi de lien direct entre son décès et les sévices filmés.
Les deux hommes, âgés d’une vingtaine d’années et originaires de la région niçoise, font l’objet de poursuites pour violences en réunion, diffusion d’images violentes, provocation à la haine et violences sur mineur. Le parquet de Nice a requis leur placement sous contrôle judiciaire, avec notamment l’interdiction de publier toute vidéo en ligne et l’obligation de verser une caution.
L’enquête, ouverte fin 2024, s’est concentrée sur des directs hébergés sur la plateforme Kick, où l’on pouvait voir Jean Pormanove, de son vrai nom Raphaël Graven, être insulté, frappé, ou encore pris pour cible avec des projectiles. Les mis en cause soutenaient que ces agissements relevaient d’une mise en scène consentie et d’un humour provocateur, présentés comme une activité lucrative.
Les investigations ont en effet mis en lumière des flux financiers substantiels. Entre 2022 et 2025, l’un des accusés aurait ainsi perçu près de 460 000 euros de la part de diverses plateformes, sans que ces sommes ne fassent l’objet de déclarations fiscales. Le parquet évoque des montants très significatifs générés par cette activité.
Parallèlement, la justice parisienne a émis des mandats d’arrêt à l’encontre des dirigeants de la plateforme Kick, basée en Australie, pour défaut de comparution devant les autorités françaises. La société conteste avoir reçu une convocation formelle et affirme avoir coopéré aux enquêtes, tout en niant avoir rémunéré directement les streamers incriminés pour le contenu litigieux.
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