Culture
Patrimoine mondial sous les bombes, l’alerte de l’Unesco
L’organisation onusienne dresse un premier bilan des atteintes aux biens culturels dans la région, où des centaines de sites classés sont exposés aux combats.
L’Unesco exprime une vive inquiétude face aux dommages subis par le patrimoine culturel au Moyen-Orient, dans un contexte d’intensification des frappes aériennes et d’échanges de tirs. L’agence des Nations unies évalue que près de dix pour cent des sites inscrits sur sa liste mondiale pourraient être affectés par les hostilités qui impliquent désormais une vingtaine de pays. Les premières constatations font état de dégâts sur plusieurs lieux emblématiques en Iran, en Israël et au Liban.
En Iran, quatre des vingt-neuf sites classés auraient été touchés selon les premières observations. Le palais du Golestan, joyau architectural du centre historique de Téhéran souvent comparé à Versailles, aurait subi des dégradations significatives à la suite d’une explosion sur une place adjacente. Des vitres ont été soufflées et l’intérieur, réputé pour ses décors de miroirs et ses lustres, a été jonché de débris. La mosquée Jameh d’Ispahan, le palais Chehel Sotoun et des sites préhistoriques de la vallée de Khorramabad sont également concernés.
Sur le territoire israélien, des impacts ont été enregistrés dans le quartier de la Ville-Blanche à Tel-Aviv, ensemble urbain remarquable pour son architecture Bauhaus. Deux bâtiments de ce style, symboles de la modernité de la ville, auraient été détruits. Au Liban, des frappes à proximité de la nécropole antique d’al-Bass à Tyr ont provoqué des dégâts sur un futur musée, dont les vitres ont été brisées par le souffle des explosions.
Face à cette situation, l’Unesco a immédiatement activé ses protocoles de crise. Les coordonnées géographiques des sites protégés ont été communiquées aux parties en conflit, tandis que des dispositifs de signalisation, connus sous le nom de « Bouclier bleu », sont déployés pour tenter de les identifier et de les préserver. L’organisation s’appuie sur l’imagerie satellitaire pour évaluer les destructions et mobilise ses experts ainsi que des professionnels locaux pour sécuriser les collections et documenter les atteintes.
Malgré le retrait d’Israël en 2017 et l’annonce du départ des États-Unis fin 2026, l’Unesco maintient un dialogue avec ces États, signataires des conventions internationales sur la protection des biens culturels en temps de guerre. Son directeur pour le patrimoine mondial rappelle le rôle de plaidoyer de l’institution, qui consiste à exhorter toutes les parties au respect de leurs obligations, alors que la violence armée met en péril un héritage commun à l’humanité.
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