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Michaël Arnoult, l’étoile discrète des Morainières

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_**Le chef trois fois étoilé préserve l’esprit d’une auberge savoyarde, loin des projecteurs et des sirènes de la gastronomie mondaine.**_

Au cœur des vignobles de Jongieux, le restaurant Les Morainières cultive une sérénité qui semble imperméable aux honneurs. L’annonce de l’attribution d’une troisième étoile Michelin a pourtant déclenché un afflux de demandes, saturant l’agenda de l’établissement pour les mois à venir. Vêtu d’un simple polo, Michaël Arnoult orchestre les préparatifs du service avec une tranquillité déconcertante, comme si cette consécration suprême n’altérait en rien le cours des choses.

Pour ce cuisinier de 48 ans, la ligne est immuable. Il s’agit avant tout de proposer une cuisine sincère, ancrée dans son territoire et guidée par le rythme des saisons. Le lien avec les producteurs locaux, qu’il nomme ses partenaires, est fondamental. La carte, évolutive, se compose ainsi au gré des arrivages, privilégiant le cardon, la truffe ou le lavaret. Cette philosophie, qui consiste à s’adapter à la nature plutôt qu’à la contraindre, se reflète dans des créations où le produit est sans cesse réinventé, à l’image d’un tartare d’écrevisse devenu emblématique.

L’atmosphère en cuisine, où résonne une musique discrète, est à l’image de l’homme, à la fois concentrée et détendue. Michaël Arnoult y travaille en étroite collaboration avec sa brigade, encourageant la contribution de chacun. Dans un secteur en tension, cette attention portée au bien-être des équipes est une conviction partagée avec son épouse Ingrid, qui dirige la salle. Ensemble, ils ont transformé cette ancienne auberge en un lieu de référence, obtenant une première étoile deux ans après leur reprise en 2005, puis une seconde en 2013.

Aujourd’hui, face à l’affluence générée par la distinction ultime, le couple reste fidèle à son credo initial. La qualité du travail et l’authenticité de l’accueil doivent primer. Lorsque les premiers convives franchissent la porte, le chef s’interrompt quelques instants pour les saluer personnellement avant qu’ils ne profitent du panorama sur les montagnes et le Rhône. L’objectif est de leur offrir une parenthèse hors du temps, où chaque détail, jusqu’à la dentelle de truffe déposée sur l’assiette, concourt à l’expérience. Dans la cuisine, le ballet reprend, ponctué par les ordres brefs et les réponses unanimes d’une équipe soudée. L’excellence, ici, se vit sans fracas.

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