France
Meurtre d’Alexia: réclusion criminelle à perpétuité requise contre Jonathann Daval
L’avocat général Emmanuel Dupic a requis samedi devant les assises de la Haute-Saône la réclusion criminelle à perpétuité à l’encontre de Jonathann Daval, auteur d’un « crime presque parfait » parce que sa femme Alexia « voulait le quitter ».
« J’en appelle à votre courage », a lancé M. Dupic à l’attention des jurés. « Du fait de la médiatisation de cette affaire, cette décision sera regardée ». « Vous allez évidemment répondre oui aux deux questions: c’est le conjoint qui a tué et il y a l’intention ».
« Je crois (…) qu’il l’a tuée parce qu’Alexia voulait le quitter, tout simplement », a poursuivi l’avocat général. Le soir du drame, « elle lui a signifié (…) qu’elle allait partir et ça, ça n’est pas possible dans la construction de Jonathann Daval ».
« Difficile de suivre Jonathann dans une dispute, une crise, une violence d’Alexia » comme le soutient l’accusé, qui a reconnu pendant le procès l’intention d’homicide.
« Par contre, la séparation, le départ intolérable, il apparaît plausible », notamment après les auditions à la barre d’amis du couple qui ont évoqué leurs « difficultés », un « couple qui ne marchait plus », a estimé M. Dupic.
« La place prise par Jonathann dans la famille d’Alexia fait qu’il ne peut pas accepter la séparation, c’est +leur gamin+ », a poursuivi M. Dupic, qui dépeint l’accusé en « manipulateur » et en « menteur ».
« Un monde s’écroule pour Jonathann Daval. Alexia met fin à la relation » et « le scénario c’était ça, on ne devait pas retrouver le cadavre, Jonathann restait dans cette famille », a déclaré M. Dupic, ce qui explique pourquoi il a caché le corps dans un bois et, surtout, qu’il a tenté de l’incinérer.
« La vérité n’est pas entendable : c’est épouvantable de tuer une femme parce que vous ne voulez pas qu’elle vous quitte », a encore estimé l’avocat général.
Jonathann Daval comparaît depuis lundi devant les assises de la Haute-Saône pour le meurtre de sa femme Alexia, retrouvée morte le 30 octobre 2017.
Cet informaticien de 36 ans, qui avait maquillé le meurtre en disparition d’une joggeuse avant de jouer les veufs éplorés pendant trois mois, avait été interpellé en janvier 2018.
Le verdict est attendu en fin d’après-midi ou en début de soirée.
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