Société
Mélenchon sonne la mobilisation contre le RN à la veille des municipales
À huit jours du premier tour, le leader de La France Insoumise a placé la campagne sous le signe de la confrontation avec l’extrême droite, tout en accentuant ses critiques à l’égard du Parti socialiste.
Dans un contexte électoral particulièrement indécis, Jean-Luc Mélenchon a choisi Marseille pour lancer un appel solennel à la mobilisation. Le scrutin municipal, dont le premier tour se tiendra le 15 mars, prend des allures de répétition générale avant la présidentielle de 2027, notamment dans la cité phocéenne. La bataille y est en effet serrée entre le maire sortant de gauche, Benoît Payan, et le candidat du Rassemblement national, Franck Allisio. La simple possibilité d’une victoire du parti lepéniste dans la deuxième ville de France en fait un laboratoire politique de premier ordre.
Lors d’un meeting de soutien au candidat insoumis Sébastien Delogu, le fondateur de LFI a assuré que Marseille ne tomberait pas. Il a longuement dénoncé les positions de l’extrême droite, visant nommément son président, Jordan Bardella, et ses récentes déclarations concernant les États-Unis. Le ton est ensuite monté d’un cran contre le Parti socialiste, accusé de mettre en péril l’unité de la gauche et, par là même, de favoriser indirectement l’extrême droite. Ces attaques interviennent après des semaines de tensions, le PS ayant récemment reproché à Jean-Luc Mélenchon des propos jugés antisémites, une accusation qu’il rejette.
Cette atmosphère de défiance complique considérablement la conclusion d’accords pour le second tour, prévu le 22 mars. Si une alliance nationale à gauche semble exclue, des arrangements locaux restent envisageables sous certaines conditions. La nécessité pourrait en effet s’imposer dans plusieurs villes où la gauche ne pourra l’emporter qu’en fusionnant ses forces. À Toulouse, la coalition de François Briançon aura probablement besoin des voix insoumises. À Lyon, le maire écologiste Grégory Doucet a déjà proposé une union avec la gauche radicale pour conserver la mairie.
De son côté, La France Insoumise affiche sa volonté de rassemblement si elle arrive en tête au premier tour, un scénario qui ne concerne qu’un nombre limité de communes. Ses principaux espoirs de conquête se concentrent sur des villes comme Evry, La Courneuve et surtout Roubaix. Dans cette dernière, un récent sondage place le député David Guiraud en position très favorable pour devenir le premier édile d’une grande ville administrée par LFI.
À l’opposé de l’échiquier politique, le Rassemblement national nourrit des ambitions plus vastes, visant plusieurs dizaines de municipalités pour assoir son ancrage local. Les intentions de vote lui sont favorables dans des bastions comme Toulon, Menton ou Carcassonne. Son président, Jordan Bardella, multiplie les déplacements sur le terrain. Toutefois, la campagne a aussi révélé des failles, avec plusieurs candidats du parti écartés pour des propos racistes ou homophobes, rappelant les difficultés persistantes à épurer ses rangs.
Le camp présidentiel, quant à lui, joue un rôle plus discret dans cette élection, ses figures nationales s’étant peu impliquées. L’attention se porte sur des courses serrées, comme à Paris où le sort de la mairie se jouera dans les reports de voix au second tour entre Emmanuel Grégoire et Rachida Dati. Le scrutin revêt également une importance cruciale pour des ambitions nationales. Édouard Philippe a lié son avenir politique à une victoire au Havre, tandis qu’à Nice, Éric Ciotti teste la solidité de son Union des droites, alliée au RN, face à Christian Estrosi.
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