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Les yaks blancs du Kirghizstan, une réponse ancestrale aux défis climatiques

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Au cœur des montagnes kirghizes, une famille d’éleveurs a développé une race unique de yaks blancs. Cette initiative illustre la recherche de résilience face à la pression sur les écosystèmes pastoraux.

Dans les hauts plateaux enneigés du Kirghizstan, un troupeau aux robes pâles se fond dans le paysage hivernal. Ces yaks d’une blancheur inhabituelle sont le fruit de plusieurs décennies de sélection menée par la famille Akmatov. Leur existence incarne un renouveau pour l’élevage de cet animal emblématique, dans un contexte où la dégradation des pâturages et les effets du changement climatique interrogent les modèles agricoles.

Contrairement aux bovins classiques, ces animaux robustes supportent sans difficulté les rigueurs de l’altitude, où les températures peuvent chuter considérablement. Leur adaptation naturelle leur permet de paître librement toute l’année sur des terres où d’autres espèces ne survivraient pas. Cette résistance représente un atout majeur pour les éleveurs confrontés à la raréfaction et à l’appauvrissement des zones de pâture.

La démarche des Akmatov dépasse la simple curiosité zootechnique. Elle s’inscrit dans une volonté de créer une race reconnue, dont les qualités spécifiques pourraient bénéficier à l’ensemble du secteur. La laine blanche, plus facile à teindre, la viande et le lait produits dans ces conditions naturelles, ainsi qu’une présumée meilleure tolérance à la chaleur font partie des caractéristiques valorisées. L’objectif affiché est à terme d’obtenir une certification officielle et d’exporter ce patrimoine génétique.

Cette aventure familiale puise ses racines dans l’histoire soviétique du pays. Le patriarche, Tachtanbek Akmatov, ancienne figure politique honorée pour ses contributions à l’élevage ovin, a transposé son savoir-faire vers les yaks après s’être retiré de la vie publique. Son travail de sélection, initié il y a une dizaine d’années, vise à obtenir un troupeau uniformément blanc.

Les autorités agricoles kirghizes voient dans le développement de l’élevage de yaks une piste sérieuse pour préserver les écosystèmes fragiles des montagnes. Ces animaux, nécessitant peu d’intrants, contribuent à réduire la pression sur les pâturages de plaine, souvent surexploités. Leur capacité à valoriser des parcours d’altitude en fait un élément potentiel de réponse aux défis environnementaux.

Cependant, la croissance des troupeaux reste lente et semée d’embûches. La prédation, notamment par les loups, constitue une menace constante, obligeant les bergers à une vigilance de tous les instants. La principale revendication des éleveurs concerne l’accès sécurisé à des pâturages supplémentaires, condition sine qua non pour étendre la pratique et organiser une rotation salvatrice pour les sols.

Cette expérience démontre comment un savoir-faire pastoral traditionnel, allié à une vision à long terme, peut proposer des solutions concrètes. Elle met en lumière la nécessité de préserver les races locales, parfaitement adaptées à des conditions extrêmes, alors que l’agriculture kirghize cherche sa voie entre héritage, modernité et adaptation aux nouvelles réalités climatiques.

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