Économie
Les vignobles des Corbières ravagés par les flammes
Un désastre économique et humain pour les viticulteurs de l’Aude, confrontés à la perte de leurs récoltes et à un avenir incertain.
À Saint-Laurent-de-la-Cabrerisse, dans l’Aude, les vignerons font face à une situation dramatique après le passage dévastateur d’un incendie. Près de 80 % des vignes des communes de Saint-Laurent, Tournissan et Coustouge ont été touchées, réduisant en cendres des années de travail et compromettant les vendanges à venir. Les dégâts s’étendent sur plusieurs centaines d’hectares, plongeant les exploitants dans une profonde inquiétude.
Fabien Vergnes, viticulteur depuis trois générations, contemple avec amertume ses parcelles de syrah et de grenache noir, autrefois considérées comme ses joyaux. Les plants, partiellement carbonisés, ne pourront sans doute pas être sauvés. « Si on n’est pas aidés, on ne se relèvera pas », confie-t-il, évoquant un désespoir partagé par de nombreux professionnels. La cave coopérative locale, le Cellier des demoiselles, estime que la majorité des vignobles alimentant sa production sont désormais inutilisables.
Les conséquences économiques s’annoncent lourdes. Hugues Maurin, exploitant de sept hectares, redoute de devoir arracher des ceps plantés en 1936 par ses ancêtres. Pour lui comme pour d’autres, la perte se chiffre en dizaines de milliers d’euros, mettant en péril la viabilité de leurs exploitations. Les viticulteurs dénoncent également la disparition progressive des vignes, qui servaient autrefois de coupe-feu naturels dans cette région sujette aux incendies.
Les autorités locales et nationales ont été interpellées sur l’urgence d’un plan de soutien. Lors d’une visite sur place, le Premier ministre a évoqué des mesures d’accompagnement, sans toutefois apporter de réponses immédiates. Les professionnels du vin, quant à eux, tentent de mesurer l’ampleur des dégâts. Si certaines parcelles pourront reprendre vie d’ici deux ou trois ans, d’autres devront être entièrement replantées, un processus long et coûteux.
Les analyses en cours détermineront si les raisins encore présents pourront être vinifiés, malgré les risques d’altération dus à la fumée. Les experts se veulent prudents, mais refusent le catastrophisme, rappelant que des solutions techniques existent pour atténuer les effets du feu sur le vin. Reste que, pour les vignerons des Corbières, cette épreuve marquera durablement une région déjà éprouvée par les aléas climatiques.
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