Économie
Les campagnes françaises face à la disparition progressive des services bancaires
La fermeture des agences en milieu rural suscite inquiétudes et mobilisations, alors que les établissements financiers privilégient les solutions alternatives.
À Riotord, commune de 1 200 habitants en Haute-Loire, la fermeture de l’unique agence du Crédit Agricole fin juillet a laissé un vide palpable. Cette décision s’inscrit dans une tendance nationale, où près de 6 000 guichets ont disparu en deux décennies, selon les chiffres de la Banque centrale européenne. Les distributeurs automatiques subissent le même sort, avec 1 500 suppressions cette année.
Pour les habitants, notamment les plus âgés, l’accès aux services bancaires devient un parcours du combattant. Stéphane Billard, commerçant sur le marché local, souligne les difficultés rencontrées par ceux qui ne disposent pas de véhicule. Le maire, Guy Peyrard, tente de négocier le maintien d’un distributeur, prêt à engager des fonds municipaux si nécessaire. Mais la banque conditionne son maintien à un volume d’opérations jugé économiquement viable.
Dans la Loire et la Haute-Loire, élus et citoyens se mobilisent contre ces fermetures jugées brutales. Bernard Souvignet, président de l’Association des maires de Haute-Loire, dénonce un manque de concertation et redoute un impact sur les commerces locaux. « L’argent retiré sur place y est généralement dépensé », rappelle-t-il.
Certaines communes, comme La Ricamarie, vivent ces fermetures comme un abandon. Le maire évoque une population déjà fragilisée, pour qui la mobilité reste un obstacle. Des clients, à l’image de Valérie Kaleta-Bruyère, envisagent même de clore leur compte par protestation.
Face aux critiques, le Crédit Agricole défend sa stratégie. Antoine Paliard, responsable du réseau local, met en avant les « Relais CA », permettant des retraits chez des commerçants partenaires, ainsi que des tournées de camions-banques dans les zones isolées. Claudine Burnichon, gérante d’une supérette à Montagny, témoigne de l’utilité de ce dispositif, malgré une rémunération modeste.
Cette évolution interroge sur l’équilibre entre rationalisation économique et maintien d’un service public bancaire en milieu rural. Les solutions alternatives peinent à convaincre tous les usagers, laissant persister un sentiment de délaissement.
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