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Culture

Leïla Slimani, l’écriture comme terre d’asile identitaire

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Dans un nouvel ouvrage, l’écrivaine franco-marocaine explore avec pudeur et acuité son rapport complexe à la langue arabe, une relation longtemps marquée par le sentiment de honte et le poids des assignations.

L’autrice Leïla Slimani publie un texte intime où elle examine les liens entremêlés de la langue et de l’identité. Elle y confie un héritage linguistique fragmenté, ayant grandi dans un foyer marocain où le français était la langue du quotidien, réservant l’arabe dialectal aux échanges avec sa grand-mère ou dans la rue. L’apprentissage scolaire de l’arabe classique, perçu comme une obligation, s’est heurté à un contexte où cette discipline était dévalorisée au sein de l’établissement français qu’elle fréquentait.

Son installation en France a cristallisé une forme de malaise. Confrontée à des interrogations récurrentes sur son incapacité à pratiquer l’arabe, elle a éprouvé ce questionnement comme une humiliation. Cette expérience a révélé, selon elle, une vision souvent réductrice que l’on peut avoir de son pays d’origine et des enjeux linguistiques qui s’y rattachent. C’est à ce moment que la question identitaire, jusqu’alors fluide et ouverte dans son environnement familial, s’est imposée à elle de l’extérieur, générant contradictions et solitude.

L’écriture est alors apparue comme un espace de libération et de recomposition. Elle lui a permis de se soustraire aux identités figées que d’autres auraient pu lui attribuer. Slimani évoque des identités qu’elle qualifie elles-mêmes de boiteuses, imparfaites, refusant l’idée d’une fierté identitaire monolithique et performative. Son rapport à la langue arabe est aujourd’hui plus serein. Si la honte peut encore la traverser, elle souhaite transmettre un message d’espoir à ceux qui partageraient son expérience, affirmant que rien n’est jamais irrémédiable. Cette paix retrouvée se manifeste notamment dans l’apprentissage décomplexé de l’arabe par ses propres enfants, libérés des pressions qui ont marqué son parcours.

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