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Culture

L’église de Kiruna entame sa renaissance, déplacée pour échapper aux affaissements miniers

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Une opération d’une complexité technique remarquable a permis de transférer intact l’édifice centenaire vers un site préservé, symbole du réaménagement d’une ville confrontée aux conséquences de l’exploitation minière.

L’église en bois de Kiruna, joyau architectural suédois datant de 1912, a achevé avec succès son transfert vers un nouvel emplacement. Ce déplacement exceptionnel, rendu nécessaire par les risques d’effondrement liés à l’extension de la mine de fer voisine, s’est déroulé sur près de deux jours à l’aide de remorques spécialisées. Le convoi, piloté à distance, a progressé à une vitesse moyenne de cinq cents mètres par heure sous le regard de milliers de spectateurs et sous couverture médiatique nationale.

Construite en 1912 selon les plans de l’architecte Gustaf Wickman, cette construction de six cent soixante-douze tonnes incarne un mélange singulier d’influences stylistiques, allant du romantisme national à des motifs s’inspirant de la culture samie. Son déplacement s’inscrit dans un vaste plan de relocalisation urbaine engagé il y a près de vingt ans, financé intégralement par l’entreprise minière publique LKAB.

Si l’opération a revêtu un caractère festif pour certains, avec la présence du souverain et l’organisation d’événements publics, elle n’en soulève pas moins des interrogations parmi les habitants. Certains expriment des réserves quant aux impacts sociaux et environnementaux de l’activité minière, malgré les efforts consentis pour préserver le patrimoine bâti.

Le nouvel emplacement de l’édifice, soigneusement choisi, offre une orientation symbolique vers l’ouest, tournant délibérément l’autel en direction de la ville et de ses résidents. Le clocher, séparé de la nef, doit être déplacé dans les prochains jours, marquant l’ultime étape de cette translocation hors norme.

Parallèlement, la découverte récente d’importants gisements de terres rares à proximité confère une dimension stratégique supplémentaire à cette région septentrionale, suscitant autant d’espoirs économiques que de préoccupations écologiques, notamment parmi les communautés autochtones.

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