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Le retour du prédateur plonge les bergers de Haute-Marne dans l’impasse

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La cohabitation entre l’élevage ovin et le loup, désormais installé dans le département, génère une tension croissante. Les professionnels, confrontés à une multiplication des attaques, cherchent par tous les moyens à sécuriser leurs troupeaux.

La découverte d’un nouvel animal mort dans un pré de Chaumont-la-Ville a confirmé les craintes d’un éleveur local. Les experts mandatés sur place ont identifié sans ambiguïté la responsabilité du canidé. L’installation récente d’une meute dans ce secteur a entraîné une hausse spectaculaire des pertes pour les bergers, passant de quelques dizaines à plusieurs centaines de bêtes en l’espace d’un an. Cette présence durable, distincte des passages occasionnels observés par le passé, modifie profondément la donne pour la profession.

Les défenses électrifiées, pourtant renforcées, ne suffisent plus toujours à dissuader l’intrus. L’épuisement gagne les exploitants, certains songeant même à abandonner cette activité. Face à cette pression, les autorités ont déployé des équipes spécialisées sur le terrain, sans parvenir à des interventions létales. La question du tir de défense, dont les modalités pourraient être assouplies selon les annonces gouvernementales, divise. Pour nombre d’éleveurs, cette perspective ne constitue pas une réponse adaptée à leur métier, qui n’est pas la chasse.

D’autres solutions sont mises en œuvre à titre individuel. L’acquisition de chiens de protection et l’installation de systèmes de surveillance nocturne permettent une vigilance accrue. Un éleveur, ayant obtenu une dérogation, a même tenté d’effaroucher l’animal par un coup de feu en l’air, sans plus de résultat. La sécurisation proactive des parcs, bien que tardive selon certains, montre son efficacité là où elle est appliquée, faisant baisser le nombre d’incidents.

Des initiatives de soutien émanent également d’organisations environnementales. Un collectif propose ainsi une aide technique bénévole pour installer des clôtures et assurer un gardiennage, arguant de la nécessité de trouver des modes de coexistence. Cette offre est toutefois rejetée par une partie des agriculteurs, qui y voient une démarche partisane. Le débat dépasse le cadre local. La progression de l’aire de répartition du loup sur le territoire national et l’augmentation corrélée des dommages en font un dossier complexe, à la croisée des enjeux agricoles et de biodiversité.

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