Culture
Le Musée national libyen, un écrin pour la mémoire d’une nation divisée
_**Après quatorze années de fermeture, l’institution tripolitaine a rouvert ses portes. Elle offre aux Libyens un espace de rencontre avec un patrimoine plurimillénaire, au-delà des fractures politiques qui traversent le pays.**_
À Tripoli, l’imposante silhouette de la Saraya al-Hamra, la citadelle rouge, abrite de nouveau les trésors de la Libye. Le Musée national a repris vie, déployant sur quatre niveaux une collection qui parcourt les siècles, des peintures rupestres aux joyaux de l’ère ottomane. Pour de nombreux visiteurs, cette réouverture constitue bien plus qu’un événement culturel. Elle représente une forme de retour à la normale, un symbole de résilience dans un pays marqué par plus d’une décennie de conflits et d’instabilité.
L’établissement avait été fermé par précaution au lendemain de la révolution de 2011, alors que le pays sombrait dans le chaos. Les autorités en charge des antiquités avaient alors pris la décision de mettre en sécurité l’intégralité des collections. Les pièces majeures furent discrètement déplacées et murées dans des lieux tenus secrets, une opération qui permit de les préserver de tout pillage ou dégradation. Cette période de fermeture forcée est aujourd’hui révolue.
La rénovation, menée sur six ans avec le concours d’experts internationaux, a transformé le lieu. L’ancienne muséographie a cédé la place à une scénographie moderne, intégrant éclairages précis et dispositifs interactifs. L’objectif affiché est de rendre accessible à tous les publics, notamment aux plus jeunes, une histoire souvent méconnue. Des salles sont consacrées à des figures majeures, comme l’empereur romain Septime Sévère, natif de Leptis Magna, ou présentent des objets volés puis restitués au pays.
Pour les Libyens qui franchissent le seuil du musée, l’expérience revêt une dimension personnelle et collective. Elle est l’occasion de se réapproprier une mémoire nationale fragmentée, dans un contexte où deux gouvernements se disputent le pouvoir, l’un à Tripoli et l’autre à Benghazi. Des enseignants y amènent leurs élèves, espérant nourrir un sentiment d’appartenance. Des familles y voient un moyen de transmettre la conscience d’un héritage prestigieux à une génération née après la chute de l’ancien régime.
Au-delà des statues antiques et des armes historiques, le musée semble vouloir porter un message d’unité et d’espoir. Il s’agit de rappeler la profondeur historique d’un territoire souvent réduit, dans les représentations extérieures, à ses seules crises contemporaines. La réouverture de cette institution culturelle majeure est perçue par beaucoup comme un petit pas vers une réconciliation, non seulement entre les Libyens, mais aussi avec un passé riche et complexe qu’il s’agit désormais de redécouvrir ensemble.
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