Économie
Le Livret A, nouveau levier pour les énergies vertes compétitives
Un rapport remis au gouvernement propose d’orienter une partie de l’épargne populaire vers le financement des projets renouvelables les plus performants, sur le modèle envisagé pour le nucléaire. Cette mesure viserait à alléger la charge financière croissante de ces soutiens publics.
Un mécanisme de financement novateur pourrait être déployé pour soutenir le développement des énergies renouvelables. Selon les conclusions d’une étude récente, les projets de grande envergure affichant les coûts de production les plus bas, notamment dans l’éolien en mer, pourraient bénéficier de fonds issus du Livret A, via la Caisse des Dépôts et Consignations. Cette approche, calquée sur celle prévue pour les futurs réacteurs nucléaires, aurait pour effet de réduire significativement le coût du capital pour ces installations.
Les auteurs du document estiment que cette solution pourrait être offerte aux lauréats d’appels d’offres dont la production est la plus compétitive. Cette proposition s’inscrit dans une série de recommandations visant à optimiser le soutien public aux filières électriques renouvelables et au stockage. Le sujet est d’une particulière acuité alors que les débats parlementaires sur la stratégie énergétique nationale ont régulièrement mis en lumière les coûts associés à l’éolien et au solaire.
Le rapport souligne en effet l’envolée des aides d’État consacrées à ces énergies, dont le montant a plus que doublé entre 2024 et 2025, pour atteindre 5,3 milliards d’euros. Une trajectoire qui pourrait conduire à une charge annuelle dépassant les 10 milliards d’euros dans les cinq prochaines années. Pour contenir cette dynamique, les experts préconisent notamment de favoriser les contrats d’achat d’électricité de gré à gré, assortis d’une garantie publique, afin de limiter les périodes de prix négatifs sur le marché.
Parallèlement, le développement des capacités de stockage est présenté comme une condition indispensable pour compenser l’intermittence de production et améliorer l’efficacité des financements publics. Les auteurs pointent également les délais administratifs, plus longs qu’ailleurs en Europe, qui contribuent à renchérir les coûts. Un alignement sur les standards de compétitivité des pays voisins permettrait, selon leurs calculs, d’économiser plus d’un milliard d’euros par an en aides directes.
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