Monde
Le Kirghizstan face à la concentration du pouvoir
À l’approche d’une élection présidentielle, le chef de l’État a écarté son principal allié, mettant fin à une gouvernance à deux têtes qui singularisait le pays dans la région.
La scène politique kirghize connaît une reconfiguration majeure. Le président Sadyr Japarov a récemment mis un terme à l’alliance qui le liait à Kamtchybek Tachiev, l’ancien chef des services de sécurité. Cette décision dissout le duumvirat qui dirigeait le pays depuis la révolution de 2020, laissant le chef de l’État sans rival apparent à quelques mois du prochain scrutin.
La rupture est intervenue de manière inattendue. L’ancien responsable, présenté comme une figure de la lutte contre la corruption, a été publiquement accusé par les autorités fiscales de détournements de fonds dans le secteur énergétique. Aucune inculpation n’a toutefois été prononcée à ce stade. Cette éviction marque un tournant significatif dans l’exercice du pouvoir, selon plusieurs observateurs.
Pendant cinq ans, les rôles étaient distribués. Le président se consacrait aux dossiers économiques et diplomatiques, tandis que son allié supervisait les questions de sécurité intérieure, incluant des arrestations de personnalités critiques. Cette répartition des tâches avait contribué à éroder l’image de « bastion démocratique » que le Kirghizstan avait longtemps cultivée en Asie centrale.
La disparition de ce tandem illustre une tendance régionale plus profonde. Les configurations de pouvoir partagé peinent à se stabiliser dans l’espace post-soviétique, où la logique de concentration des prérogatives entre les mains d’un seul homme finit souvent par prévaloir. Le président Japarov envoie ainsi un signal clair, tant à l’élite nationale qu’aux partenaires étrangers, sur l’existence d’un centre de décision unique.
Les réactions internationales sont demeurées discrètes. Les principales puissances alliées du pays, la Russie et la Chine, semblent privilégier la stabilité et la prévisibilité à Bichkek plutôt que les considérations démocratiques. Pour elles, l’essentiel réside dans le maintien de la cohésion des appareils sécuritaires et l’évitement d’un nouveau cycle de troubles politiques.
Sur le plan intérieur, le départ de l’ancien chef des services s’accompagne d’un remaniement au sein des institutions. Plusieurs figures politiques liées à son réseau ont également été écartées. Cette évolution pose la question de l’équilibre traditionnel entre les élites du nord, plus laïques, et celles du sud, plus conservatrices, que l’alliance entre les deux hommes permettait de gérer.
Le président a affirmé sa volonté de dépasser les clivages régionaux, un objectif ambitieux dans un pays marqué par de fortes divisions géographiques. Se projetant déjà vers la prochaine élection, le chef de l’État s’est dit confiant dans l’obtention d’un score très élevé. Une telle performance l’alignerait avec les pratiques électorales observées chez plusieurs de ses voisins centrasiatiques.
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