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Le Kenya submergé par des intempéries meurtrières

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Le bilan des précipitations exceptionnelles qui frappent le pays depuis le début du mois s’alourdit, avec des dizaines de victimes et des milliers de déplacés. Les autorités appellent à la plus grande vigilance face à la persistance des risques.

Les pluies d’une intensité remarquable qui s’abattent sur le Kenya depuis plusieurs jours ont provoqué des conséquences dramatiques. Selon les derniers chiffres officiels, quatre-vingt-et-une personnes ont perdu la vie, tandis que des milliers d’autres ont dû quitter leur domicile, souvent accompagnées de leur cheptel. La capitale, Nairobi, est la zone la plus affectée, concentrant à elle seule trente-sept décès.

Face à l’urgence, les pouvoirs publics ont mis en place des centres d’accueil et lancé des appels répétés à l’évacuation préventive. Des habitants de quartiers précaires situés en aval d’un barrage de la capitale ont ainsi été invités à se mettre à l’abri en raison d’un risque de rupture de digue, une menace que l’infrastructure contient pour l’instant. En périphérie de Nairobi, deux personnes sont décédées par noyade lors de crues subites dans la nuit de samedi à dimanche.

Les régions de l’ouest du pays sont également sévèrement touchées. Des glissements de terrain ont causé la mort de plusieurs personnes et enseveli des habitations. Le débordement de cours d’eau, comme la rivière Sondu Miriu, a contraint plus de trois mille familles à l’exode dans le comté de Kisumu, selon les témoignages recueillis sur place. Les dégâts matériels sont considérables, avec des terres agricoles emportées par l’érosion et des cultures entièrement détruites.

Les images qui émergent des zones sinistrées montrent des scènes de désolation. Des enfants avancent dans des rues transformées en cours d’eau, des résidents tentent de sauver leurs biens dans des maisons inondées, et d’autres se déplacent en pirogue au milieu de paysages submergés. L’inquiétude est palpable parmi les populations déplacées, dont certaines ignorent encore où se réfugier avec leurs animaux.

Cette situation météorologique extrême, qui a vu les artères principales de Nairobi se transformer en torrents à plusieurs reprises, suscite des critiques à l’encontre des autorités locales. Certains habitants réclament des comptes sur la gestion des infrastructures de drainage, dont l’amélioration avait été promise. Les spécialistes rappellent que l’Afrique de l’Est connaît une augmentation de la fréquence des épisodes climatiques intenses, qu’ils soient humides ou secs, depuis deux décennies.

Le phénomène ne se limite pas au Kenya. L’Éthiopie voisine rapporte un bilan humain similaire pour le mois de mars, avec des inondations et des mouvements de terrain ayant fait au moins quatre-vingt-et-une victimes dans le sud du pays. La communauté scientifique établit un lien entre ces événements et le dérèglement climatique d’origine anthropique, qui accroît la probabilité, la durée et la sévérité des intempéries extrêmes. Les prévisions indiquent que les précipitations devraient se poursuivre jusqu’à mardi, maintenant le pays en état d’alerte.

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